Le gouvernement congolais renforce les mesures d’anticipation face aux risques climatiques annoncés pour la saison des pluies 2026-2027. Lors d’un briefing de presse organisé le mercredi 21 octobre 2026, à Kinshasa, la Direction générale de la protection civile et les services météorologiques ont présenté les prévisions saisonnières, les zones les plus exposées ainsi que les actions envisagées pour limiter les conséquences des catastrophes naturelles liées notamment au phénomène El Niño.
Les autorités insistent sur la nécessité de mieux informer les populations, de mobiliser les partenaires techniques et financiers et de privilégier les actions anticipatoires afin de protéger les vies humaines et de réduire les pertes matérielles.
Des risques différents selon les régions du pays
Secrétaire permanente de la Plateforme nationale de gestion des risques de catastrophes au sein de la Direction générale de la protection civile, Huguette Kahindo explique que les conséquences attendues ne seront pas uniformes sur l’ensemble du territoire national. Au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, les prévisions font état de risques de fortes pluies, de glissements de terrain et de déplacements de populations. Cette situation pourrait aggraver la vulnérabilité des communautés déjà fragilisées par des décennies de conflit et par les déplacements forcés.
Dans les provinces du sud, les préoccupations portent davantage sur le risque de sécheresse et ses conséquences sur la production agricole et le pouvoir d’achat des ménages. Une baisse de la production du maïs pourrait notamment entraîner une hausse des prix et peser davantage sur le panier de la ménagère.
Le corridor fluvial, qui concerne Kinshasa et les provinces riveraines du fleuve Congo, dont le Maï-Ndombe, est également sous surveillance. Une montée importante des eaux pourrait provoquer des inondations et contraindre certaines populations à quitter leurs habitations.

La protection civile mise sur l’anticipation
Face à ces menaces, la RDC entend privilégier une approche fondée sur l’anticipation plutôt que sur la seule intervention après la survenue des catastrophes. Huguette Kahindo indique que le briefing avait pour objectif de présenter aux partenaires techniques et financiers l’état de préparation du pays, les besoins identifiés et les actions anticipatoires à soutenir.
Selon elle, les partenaires présents ont manifesté leur volonté d’accompagner la RDC dans cette démarche. L’enjeu consiste à mobiliser les moyens nécessaires avant que les risques annoncés ne se transforment en crises humanitaires.
La responsable souligne également l’importance de la communication avec les communautés exposées. Malgré leur vulnérabilité aux inondations et à d’autres catastrophes, certaines populations ne disposent pas suffisamment d’informations pour se préparer.
Les médias sont ainsi appelés à jouer un rôle essentiel dans la diffusion des alertes et des consignes de prévention, afin que les informations météorologiques atteignent les personnes les plus exposées.
La météorologie évolue vers des prévisions axées sur les impacts
Pour Théophile Izeil Lemeen, directeur d’exploitation météorologique à la METTELSAT RDC, la mission des services météorologiques ne se limite plus à annoncer la pluie ou le beau temps. Elle consiste désormais à anticiper les conséquences possibles des phénomènes climatiques afin de contribuer à la protection des populations.
Il explique que la météorologie développe des prévisions basées sur les impacts, permettant d’anticiper les inondations et les vagues de chaleur. Ces informations servent ensuite à déclencher des alertes et à aider les services compétents à prendre les mesures nécessaires.
Le responsable met également en avant l’utilisation d’équipements modernes et des données satellitaires, celles associées au système Meteosat de troisième génération, qui doivent améliorer les capacités d’observation et de prévision. Parmi les zones particulièrement surveillées figurent Kinshasa, le Kongo Central, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Tanganyika et la Tshopo. La montée des eaux du lac Tanganyika fait également l’objet d’une surveillance régulière.
Théophile Izeil Lemeen précise toutefois que les services météorologiques ont pour mission de fournir les prévisions et les alertes, tandis que les structures de la protection civile doivent s’appuyer sur ces informations pour organiser la prévention et informer les populations.
Le projet « Passa Kit » pour renforcer la résilience agricole
La rencontre a également permis d’aborder la contribution des partenaires internationaux à la prévention des catastrophes et au renforcement de la résilience des communautés. Jean-Marc Le Domaschin du Fonds international de développement agricole (FIDA) a évoqué le projet en cours de conception dénommé « Passa Kit », destiné à améliorer la productivité agricole.

Prévu dans les provinces de la Tshopo, du Nord-Kivu et de l’Ituri, ce projet doit permettre d’identifier les facteurs déclencheurs des catastrophes naturelles et de tenir compte des enseignements tirés de ces risques dans sa conception.
Élaboré en collaboration avec les ministères des Finances, de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, le projet devrait démarrer en avril 2027, selon les informations communiquées lors du briefing.
Cette initiative vise à mieux intégrer les risques climatiques dans les interventions de développement et à renforcer la capacité des communautés rurales à faire face aux chocs susceptibles d’affecter leurs activités agricoles.
Prévu dans les provinces de la Tshopo, du Nord-Kivu et de l’Ituri, ce projet doit permettre d’identifier les facteurs déclencheurs des catastrophes naturelles et de tenir compte des enseignements tirés de ces risques dans sa conception.
Élaboré en collaboration avec les ministères des Finances, de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, le projet devrait démarrer en avril 2027, selon les informations communiquées lors du briefing.
Cette initiative vise à mieux intégrer les risques climatiques dans les interventions de développement et à renforcer la capacité des communautés rurales à faire face aux chocs susceptibles d’affecter leurs activités agricoles.
Informer les populations pour sauver des vies
Au-delà des prévisions, les participants ont insisté sur la nécessité de transformer les données météorologiques en informations accessibles et utiles pour les populations.
L’objectif est de permettre aux habitants des zones à risque de prendre des précautions avant les inondations, les glissements de terrain ou les épisodes de sécheresse. Cela suppose une coordination renforcée entre les services météorologiques, la protection civile, les autorités locales, les partenaires humanitaires et les médias.
Face aux risques annoncés pour la saison des pluies 2026-2027 et aux effets possibles du phénomène El Niño, les autorités congolaises entendent ainsi miser sur la préparation, la diffusion rapide des alertes et la mobilisation des ressources en amont.
La réussite de cette stratégie dépendra de la fiabilité des prévisions, de la rapidité de leur diffusion et de la capacité des institutions à agir avant que les populations ne soient directement touchées.
La Gazette du Continent
