La Cour des comptes et le gouvernement congolais ont signé, le 19 octobre 2026 à Kinshasa, un procès-verbal de débat contradictoire portant sur 19 observations formulées à l’issue du contrôle de l’exécution de la loi de finances. Le rapport définitif sera soumis aux chambres réunies de la Cour avant sa transmission au Parlement.
Un accord sur 19 observations
Le premier président de la Cour des comptes, Jimmy Munganga, a annoncé la conclusion des échanges avec le gouvernement sur les observations formulées par son institution dans le cadre du contrôle de l’exécution de la loi de finances.
À l’issue de la séance contradictoire organisée à Kinshasa, les deux parties ont signé un procès-verbal actant leur accord sur les 19 observations retenues par la Cour. Le gouvernement était représenté par Alain Malata Kafunda, directeur de cabinet du ministre des Finances, tandis que la Cour des comptes était représentée par son premier président.
Jimmy Munganga a salué la disponibilité des représentants du gouvernement, reconnaissant que les discussions avaient parfois été houleuses. Il estime néanmoins que ces échanges ont permis aux deux parties de mieux cerner les faiblesses relevées dans la gestion des finances publiques.
Pour le premier président, le pays sort gagnant de cet exercice, qui doit permettre au gouvernement de tirer les enseignements nécessaires afin d’améliorer la qualité des prochaines redditions des comptes.
Le rapport définitif bientôt transmis au Parlement
La signature du procès-verbal constitue une étape importante dans la procédure de contrôle budgétaire. Le rapport définitif doit désormais être adopté officiellement par les chambres réunies de la Cour des comptes, conformément à la procédure en vigueur, avant d’être transmis au Parlement.
Jimmy Munganga a précisé que les conclusions détaillées ne seraient pas immédiatement rendues publiques, la primeur de ces informations revenant au Parlement, compétent en matière de contrôle de l’exécution des lois de finances.
Interrogé par la presse sur les points de convergence entre la Cour et le gouvernement, il a estimé que la signature du procès-verbal confirmait l’accord entre les deux parties.
Il a toutefois refusé de détailler les 19 observations, rappelant que le rapport serait prochainement soumis à l’examen des institutions parlementaires compétentes.
La reddition des comptes, un exercice de redevabilité
Expliquant la portée de la procédure contradictoire, Jimmy Munganga a rappelé que la reddition des comptes permet au gouvernement de rendre compte de l’utilisation des autorisations budgétaires accordées par le Parlement.
Après l’exécution du budget, le gouvernement doit justifier les recettes mobilisées et les dépenses effectuées au cours de l’exercice concerné.
La Cour des comptes intervient alors en qualité d’assistante du Parlement, conformément à l’article 34 de sa loi organique. Elle examine les documents transmis, formule ses observations dans un rapport provisoire et donne à l’entité contrôlée la possibilité de présenter ses réponses.
La séance contradictoire permet ainsi de confronter les analyses de la Cour aux explications du gouvernement avant l’élaboration du rapport définitif. Selon Jimmy Munganga, cette démarche contribue à améliorer la qualité du contrôle budgétaire et à identifier les insuffisances susceptibles d’être corrigées dans la gestion future des finances publiques.
Le gouvernement mise sur l’amélioration continue
De son côté, le directeur de cabinet du ministre des Finances, Alain Malata Kafunda, a salué la qualité des échanges avec la Cour des comptes.
Il a reconnu l’utilité des observations formulées par cette institution, même lorsque les discussions portent sur des insuffisances ou des incohérences dans l’exécution budgétaire.
Pour le représentant du gouvernement, ces échanges constituent une occasion d’apprentissage et d’amélioration continue. Les remarques de la Cour doivent contribuer à perfectionner les pratiques administratives, à renforcer la transparence et à améliorer la qualité des prochains exercices de reddition des comptes.
Alain Malata Kafunda a également réaffirmé l’engagement du ministère des Finances à tenir compte des recommandations formulées par la Cour, dans un contexte où la RDC cherche à renforcer sa crédibilité auprès des investisseurs et des partenaires internationaux.
Rendez-vous pour les prochains exercices budgétaires
À l’issue des travaux, Jimmy Munganga a félicité les équipes de la Cour des comptes et les représentants du gouvernement pour le travail accompli. Il a exprimé l’espoir que les observations formulées permettront d’améliorer les prochaines redditions des comptes.
La prochaine étape consistera à finaliser le rapport, à le faire adopter par les chambres réunies, puis à le transmettre au Parlement pour examen.
Cette procédure constitue un levier essentiel de la transparence et de la redevabilité dans la gestion des finances publiques en République Démocratique du Congo.
La Gazette du Continent
