Nuur Ramazani Shabani, haut représentant du parti, annonce un recours contre la mesure de suspension attribuée au ministère de l’Intérieur. Il affirme que la formation politique n’a jamais été consultée sur l’engagement de son président, Seth Kikuni, dans le Front pour la refondation de la nation, et appelle les militants à privilégier la voie démocratique et constitutionnelle.
Le parti politique Piste pour l’Émergence entend contester sa suspension par le ministère de l’Intérieur. Nuur Ramazani Shabani, haut représentant de cette formation politique, annonce le dépôt prochain d’un recours afin d’obtenir le rétablissement du parti dans ses droits.
Selon lui, les responsables de Piste pour l’Émergence n’ont pas encore été officiellement notifiés de cette mesure et en ont appris l’existence à travers les réseaux sociaux. Cette suspension serait liée à l’implication présumée de son président, Seth Kikuni, dans le Front pour la refondation de la nation (FRN), un mouvement que les autorités associent à une dynamique insurrectionnelle.
Un recours annoncé contre la décision du ministère de l’Intérieur
Nuur Ramazani Shabani affirme que son parti entend utiliser les voies légales pour contester la mesure administrative. « Nous comptons, dès que possible, déposer un recours afin que le ministre de l’Intérieur puisse remettre notre parti sur ses droits ».
Le haut représentant insiste sur la nécessité de distinguer la responsabilité individuelle d’un dirigeant de celle de la formation politique qu’il représente. Il estime que la participation éventuelle de Seth Kikuni à une organisation ou à des activités auxquelles le parti n’a pas donné son accord ne saurait automatiquement engager l’ensemble de la structure.
Selon lui, les statuts de Piste pour l’Émergence ne permettent pas à un responsable d’engager unilatéralement le parti dans une entreprise insurrectionnelle ou criminelle. « Le parti n’a été consulté ni de près ni de loin », soutient-il, réaffirmant l’attachement de sa formation à une lutte pacifique et démocratique, dans le respect de la Constitution.
Seth Kikuni ne serait pas propriétaire du parti
Alors que Seth Kikuni demeure une figure centrale de Piste pour l’Émergence dans l’arène politique congolaise, Nuur Ramazani Shabani récuse l’idée selon laquelle le parti se confondrait avec son président. Il rappelle que Seth Kikuni avait été désigné candidat à l’élection présidentielle à une époque où son combat politique était, selon lui, pacifique. Toutefois, cette responsabilité ne ferait pas de la formation politique sa propriété personnelle.
« Le parti politique Piste pour l’Émergence est un groupe qui réunit les gens autour d’une idéologie. Nous sommes réunis autour d’une idéologie et non autour d’une personne, Seth Kikuni ». Pour étayer son argument, le haut représentant rappelle avoir lui-même été le premier président national du parti avant de céder la place à Seth Kikuni. Il estime que la formation peut poursuivre son existence et son combat politique indépendamment de la personne qui la dirige.
J’ai fait le choix de la République
Interrogé sur une éventuelle instrumentalisation par Seth Kikuni, qui se trouverait à l’étranger tandis que lui-même est présent à Kinshasa, Nuur Ramazani Shabani rejette l’idée d’être tombé dans un piège. Il explique que la question dépasse les relations personnelles entre les dirigeants et concerne avant tout le fonctionnement institutionnel du parti.
Selon lui, toute décision engageant la formation politique aurait dû être soumise aux organes compétents. Il ajoute que les statuts du parti, son règlement intérieur et les lois de la République interdisent son association à un groupe armé.
Évoquant son retour d’exil, il affirme se sentir libre de ses mouvements et assure avoir choisi de rester en République Démocratique du Congo par attachement aux principes républicains et démocratiques.
« Je ne me sens pas piégé. J’ai fait le choix de la République et des principes qui sous-tendent l’organisation et le fonctionnement de Piste pour l’Émergence », déclare-t-il.
Le risque d’une scission au sein du parti
La suspension et les divergences autour de la position de Seth Kikuni pourraient-elles provoquer une fracture interne entre ses partisans et ceux qui s’opposent à son orientation ?
Nuur Ramazani Shabani dit espérer éviter une scission. Il reconnaît néanmoins l’existence de tensions et de manœuvres qu’il attribue à certains cadres, tout en affirmant vouloir leur accorder le bénéfice du doute.
Le haut représentant mise sur le dialogue pour préserver l’unité de la formation politique. Il espère que les différents responsables pourront se retrouver autour d’une table afin de réaffirmer les principes communs et de surmonter leurs divergences. Pour lui, la défense de la République doit primer sur les intérêts personnels et les rivalités internes.
Un appel aux militants en faveur de la lutte démocratique
En conclusion, Nuur Ramazani Shabani adresse un message aux militants et sympathisants de Piste pour l’Émergence, ainsi qu’à l’ensemble des Congolais. Il les invite à privilégier les moyens démocratiques et constitutionnels dans leur engagement politique. Il rappelle que la contestation politique demeure légitime, mais qu’elle doit respecter certaines limites et ne saurait justifier le recours à la violence armée.
« On ne peut pas prétendre préserver ou protéger la Constitution en la violant », insiste-t-il. Le haut représentant appelle ainsi les membres de son parti à poursuivre leur combat politique dans le respect de la démocratie, de la Constitution et de l’alternance pacifique.
Alors que la suspension annoncée place Piste pour l’Émergence devant une épreuve politique et organisationnelle, ses dirigeants devront désormais clarifier leur position, préserver leur cohésion interne et défendre, par les voies légales, leur droit à poursuivre leurs activités politiques.
La Gazette du Continent
