La prison centrale de Makala, à Kinshasa, accueille actuellement 16 238 détenus pour une capacité initiale de 1 500 places. Face à cette surpopulation carcérale, le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a annoncé des mesures urgentes de désengorgement à l’issue d’une visite effectuée ce jeudi 15 octobre 2026, aux côtés du procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu.
Cette visite avait pour objectif d’évaluer les conditions de détention et d’identifier les mesures à mettre en œuvre face à la promiscuité, à l’état préoccupant des infrastructures et aux difficultés d’accès aux soins. L’établissement héberge des détenus civils et militaires, dont une majorité se trouve en détention préventive.

Pour répondre à cette situation, les autorités judiciaires compétentes doivent être mobilisées dès le vendredi 16 octobre afin d’examiner avec diligence les dossiers des détenus et d’identifier les cas dans lesquels une mise en liberté peut être légalement envisagée, dans le respect des procédures et de l’indépendance de la justice.
Guillaume Ngefa a également salué la décision prise le même jour par le procureur général près la Cour de cassation, qui a permis la mise en liberté de 108 détenus après examen de leurs situations respectives. Le ministre a rappelé avoir lui-même accordé, la semaine précédente, une libération conditionnelle à 66 personnes remplissant les conditions prévues par la loi.

Au-delà du désengorgement, le ministre a insisté sur la nécessité de protéger les détenus les plus vulnérables. Une attention particulière sera accordée aux femmes détenues avec leurs enfants en bas âge ainsi qu’aux personnes souffrant de troubles mentaux.
Pour le garde des Sceaux, l’amélioration des conditions de détention doit aller de pair avec le respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine. « La privation de liberté ne peut jamais signifier la privation de dignité », a-t-il souligné.

Guillaume Ngefa estime que le désengorgement des établissements pénitentiaires constitue une nécessité qui doit être menée avec rigueur, humanité et dans le plein respect de l’État de droit. Les mesures annoncées visent ainsi à garantir la régularité des détentions, la protection des droits fondamentaux et l’amélioration des conditions de vie des personnes incarcérées.
Tenplar Ngwadi
