L’Archidiocèse de Bukavu appelle le gouvernement congolais et les responsables de l’AFC/M23, appellation utilisée dans sa lettre ouverte, à privilégier le dialogue dans le différend autour de la gestion des universités de Goma et de Bukavu.
Dans cette correspondance adressée notamment au ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire et aux partenaires éducatifs en RDC, l’institution catholique met en garde contre les conséquences de cette situation sur les étudiants et leurs familles.
Cette lettre fait référence à l’AFC/M23 dans le contexte des nominations intervenues en 2026 dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur de Goma et de Bukavu. Depuis, l’Alliance Fleuve Congo (AFC-M23) a annoncé sa dissolution, le 12 octobre 2026, et la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), présenté comme sa structure de continuité accusé d’être soutenue par le Rwanda.
Des nominations contestées
Selon la lettre ouverte, l’AFC/M23 a procédé à des nominations de responsables administratifs et financiers dans des universités de Goma et de Bukavu les 29 mai et 25 juin 2026. L’Archidiocèse affirme également que le mouvement a désigné, le 7 août, des comités de gestion dans dix établissements d’enseignement supérieur des deux villes.
Dans le même document, l’institution ecclésiastique rappelle que le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations a condamné ces nominations dans son communiqué officiel n° 011 du 10 août 2026. Selon la lettre, le ministère a également annoncé des sanctions contre les personnes nommées et la fermeture des établissements concernés, tout en invitant les étudiants à poursuivre leurs études dans d’autres institutions du pays.
Les étudiants et les familles au centre des préoccupations
L’Archidiocèse de Bukavu estime que ces mesures risquent d’aggraver les difficultés des parents et de perturber le parcours académique des étudiants. Dans sa correspondance, il déplore que les différends entre les acteurs concernés puissent compromettre la continuité de l’enseignement dans une région déjà éprouvée par le conflit armé.
L’institution religieuse replace cette situation dans le contexte des violences qui affectent la région des Grands Lacs depuis plusieurs décennies. Elle appelle les parties concernées à éviter de nouvelles tensions susceptibles d’accentuer les souffrances des populations.
L’Église plaide pour le dialogue
Dans sa lettre ouverte, l’Archidiocèse de Bukavu salue les démarches de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC) en faveur d’un dialogue inclusif. Il appelle les parties impliquées à privilégier une solution pacifique et à éviter toute initiative susceptible d’aggraver les tensions.
L’institution exhorte également les acteurs concernés à faciliter la clôture de l’année académique 2025-2026 et l’ouverture de l’année 2026-2027 dans des conditions sereines, de l’enseignement maternel jusqu’au niveau doctoral.
Le gouvernement de la RDC a, pour rappel, suspendu les activités académiques dans une dizaine/onze universités publiques à Goma et Bukavu pour des raisons sécuritaires et politiques, compromettant la rentrée académique 2026-2027 et bloquant des milliers d’étudiants. Les autorités de l’AFC-M23, aujourd’hui au sein du FRN (Front pour la refondation de la Nation) se sont opposées à cette suspension, ont annoncé une rentrée académique (notamment fixée au 15 octobre 2026 selon leurs déclarations) et ont proposé de prendre en charge les frais du personnel académique.
La Gazette du Continent
