La Société des Services Vihumbira (SSV), chargée de la construction du futur aéroport international Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba à Beni, alerte sur des difficultés financières susceptibles de compromettre la poursuite du chantier.
Dans une lettre datée du 15 juillet 2026, adressée au gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Évariste Somo Kakule, l’entreprise demande des vérifications sur la gestion des recettes destinées au projet.
Selon la SSV, plus de 66 % des travaux prévus dans le contrat initial sont exécutés. Pourtant, elle affirme n’avoir perçu qu’environ 1 à 2 % des sommes qui lui seraient dues. Pour poursuivre les travaux, l’entreprise dit avoir épuisé sa trésorerie et recouru à des crédits auprès de ses partenaires financiers et de ses fournisseurs.
Le financement du projet repose, selon la société, sur un mécanisme convenu entre le gouvernement provincial, la Fédération des entreprises du Congo (FEC), la Direction générale des douanes et accises (DGDA) et les opérateurs pétroliers. Une taxe conventionnelle devait alimenter directement un compte dédié au chantier.
Dans sa correspondance, la SSV évoque des irrégularités présumées dans la perception et l’affectation de ces recettes. Elle demande au gouverneur de faire la lumière sur le fonctionnement du mécanisme et de garantir la traçabilité des fonds. Elle sollicite également des mesures urgentes pour sécuriser le financement et permettre la poursuite des travaux.
L’entreprise se dit prête à transmettre ses documents comptables et ses rapports d’avancement aux services d’investigation. Elle demande aussi que toute tentative de déstabilisation dont elle pourrait être victime soit examinée conformément à la loi, si les faits sont établis.
Cette alerte intervient alors que la question des taxes conventionnelles sur les produits pétroliers fait l’objet de discussions dans la province. Selon Radio Moto Butembo-Beni, le gouverneur a annoncé, le 9 octobre, la suspension temporaire de certaines perceptions et des audits sur les projets financés par ces recettes. Le lien entre ces mesures et les difficultés dénoncées par la SSV doit toutefois être précisé par les autorités concernées.
Le futur aéroport de Beni-Mavivi constitue une infrastructure importante pour le Nord-Kivu. Les travaux prévoient notamment l’extension de la piste à 3 000 mètres afin de permettre l’accueil d’aéronefs de plus grande capacité. En mars 2026, Radio Okapi avait rapporté un appui logistique de la MONUSCO au chantier.
À ce stade, les irrégularités évoquées par la SSV restent des allégations qui nécessitent des vérifications indépendantes. Les réactions du gouvernorat, de la DGDA et de la FEC sont attendues pour clarifier la gestion des recettes et la situation financière du projet. Jusqu’à la rédaction de cet article, notre rédaction n’avait pas encore recueilli les réactions des institutions concernées. Nous y reviendrons dès que nous aurons obtenu leurs réactions.
La Gazette du Continent
