Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a vivement réagi aux critiques de l’ancien président Joseph Kabila sur la gestion économique de la République démocratique du Congo. Dans une déclaration publiée sur son compte X, il a contesté l’idée selon laquelle la dette publique constituerait un fardeau pour le pays et a défendu les résultats économiques enregistrés depuis 2019 sous la présidence de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Pour Doudou Fwamba, la gestion de la dette doit être appréciée au regard de sa soutenabilité et de son utilisation pour financer les infrastructures et les priorités gouvernementales. Il estime que le niveau d’endettement de la RDC, inférieur à 20 % du produit intérieur brut (PIB) selon les chiffres qu’il avance, ne peut être considéré comme un fardeau au regard de la moyenne de 60 % qu’il attribue aux pays d’Afrique subsaharienne.
« Assainir la dette publique est une chose ; utiliser celle-ci comme un levier de financement des infrastructures et des priorités du Gouvernement tout en maintenant sa soutenabilité comme nous le faisons depuis 2019, résulte de la cohérence de l’action publique et d’une vision stratégique », a-t-il écrit.
Le ministre des Finances reproche également à Joseph Kabila sa lecture de l’héritage économique laissé à la fin de son mandat. Il estime que l’ancien chef de l’État passe sous silence les difficultés auxquelles le pays était confronté en 2019, notamment en matière de réserves de change, de budget et de relations avec les institutions financières internationales.
Pour étayer son argumentation, Doudou Fwamba compare les indicateurs économiques de 2019 à ceux de 2026. Il affirme que le PIB nominal de la RDC est passé d’environ 50 milliards de dollars à 120 milliards de dollars, tandis que les réserves de change seraient passées de 1,3 milliard à 8 milliards de dollars. Le budget de l’État, selon lui, est également passé de 4 milliards à 18 milliards de dollars.
Le ministre mentionne aussi une réduction du déficit du compte courant, qu’il situe à 1,3 % du PIB en 2024 contre 3,2 % en 2019, ainsi qu’un accès retrouvé aux marchés financiers internationaux et l’existence de trois programmes formels avec le Fonds monétaire international (FMI). Il présente ces évolutions comme des signes de transformation économique, tout en critiquant la gestion de l’ancien régime.
Doudou Fwamba affirme par ailleurs que le manque de transparence et le refus de publier certains contrats conclus avec des sociétés publiques du secteur minier sous la présidence de Joseph Kabila avaient privé la RDC d’un programme formel avec le FMI.
Sur le plan social, le ministre oppose également les deux périodes de gouvernance. Il cite notamment la gratuité de l’enseignement primaire, la gratuité de la maternité et les mécanismes d’assurance maladie destinés aux professeurs d’université et aux magistrats. Il évoque aussi la construction d’infrastructures, d’établissements universitaires et de bâtiments administratifs, qu’il présente comme des signes de transformation du pays.
Revenant sur la gestion du secteur minier sous l’ancien régime, Doudou Fwamba reproche à Joseph Kabila de ne pas avoir publié certains contrats conclus avec les sociétés publiques. Selon lui, ce manque de transparence avait contribué à priver la RDC d’un programme formel avec le FMI.
Le ministre a enfin appelé les différentes composantes de la société congolaise à participer au processus de dialogue, invitant les acteurs à exprimer leurs désaccords et à renouveler leur engagement en faveur de l’unité nationale.
Il a également lancé un appel aux groupes armés, les exhortant à déposer les armes et à rejoindre le dialogue sans condition. « Il est possible d’exprimer nos désaccords sans tuer nos compatriotes innocents, comme c’est le quotidien à l’Est de notre pays », a-t-il déclaré, concluant son message par un appel à la paix.
Cette réaction de Doudou Fwamba intervient au lendemain de l’adresse de Joseph Kabila, qui avait dénoncé une dette publique dépassant les 18 milliards de dollars et vivement critiqué la gouvernance de Félix Tshisekedi. Les données de la Direction générale de la dette publique établissent l’encours à 18,55 milliards de dollars en septembre 2026.
Tenplar Ngwadi
