Le message de l’ancien président Joseph Kabila dénonçant la gouvernance de Félix-Antoine Tshisekedi a provoqué une riposte de plusieurs membres du gouvernement congolais. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, ainsi que les ministres Julien Paluku et Doudou Fwamba ont contesté ses critiques, défendu le bilan des autorités et réaffirmé leur attachement au dialogue engagé par le chef de l’État.
Sur le réseau social X, Patrick Muyaya a vivement réagi aux déclarations de l’ancien président, qu’il a qualifié d’« homme du passé ». Il l’accuse d’être proche du Rwanda et complice de l’AFC/M23, tout en rappelant sa condamnation et les sanctions américaines qui le visent.
« Il n’a rien d’autre à offrir que le chaos », a écrit le porte-parole du gouvernement, estimant que Joseph Kabila reste attaché à des « méthodes antidémocratiques ».
Patrick Muyaya a également réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur du processus de dialogue amorcé par Félix Tshisekedi, présenté comme une voie pour restaurer la paix et préserver l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
De son côté, le ministre Julien Paluku a rejeté les critiques de l’ancien chef de l’État, les qualifiant de « vaines sirènes de déstabilisation ».
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a pour sa part répondu sur le terrain économique, contestant les affirmations de Joseph Kabila concernant le poids de la dette publique. Il rappelle que celle-ci représente moins de 20 % du produit intérieur brut (PIB) de la RDC, contre une moyenne de 60 % en Afrique subsaharienne.
Pour étayer sa réponse, Doudou Fwamba oppose les indicateurs économiques de 2019 à ceux de 2026. Selon les chiffres qu’il avance, le PIB de la RDC serait passé de 50 à 120 milliards de dollars américains, les réserves de change de 1,3 à 8 milliards de dollars et le budget de l’État de 4 à 18 milliards de dollars.
À travers ces réactions, les trois membres du gouvernement défendent la gestion actuelle du pays face aux critiques de l’ancien président. Ils réaffirment également leur soutien au dialogue lancé par Félix Tshisekedi, alors que Joseph Kabila juge ce processus non inclusif.
Cette confrontation publique illustre les divergences persistantes entre l’ancien chef de l’État et les autorités en place sur la gouvernance du pays, la situation sécuritaire et les perspectives de sortie de crise.
La Gazette du Continent
