Un Comité indépendant de la société civile pour la gouvernance participative du Couloir Vert Kivu-Kinshasa vient d’être créé. L’annonce figure dans un communiqué publié le 30 septembre 2026 à Kinshasa par un consortium de huit organisations de la société civile.
Ces organisations indiquent avoir conclu un accord de collaboration avec la Fondation Virunga, chargée de la gestion du Couloir Vert.
Selon ce communiqué, le comité aura pour mission de suivre la participation des communautés locales et des peuples autochtones aux décisions concernant leurs territoires. Il devra notamment veiller au respect de leurs droits, à leur accès aux opportunités économiques et à l’existence de mécanismes efficaces de recours.
Le comité prévoit de contribuer à l’élaboration d’un manuel de gouvernance participative. Ce document doit préciser les modalités d’information, de consultation et de participation des communautés. Une attention particulière sera accordée au consentement libre, informé et préalable, connu sous le sigle CLIP, ainsi qu’à son articulation avec la cartographie participative, les enquêtes publiques et les autres mécanismes de consultation.
Le communiqué annonce également la participation du comité à la mise en place d’un mécanisme de gestion des plaintes. Il pourra contribuer à la définition des critères d’éligibilité des projets et aux dispositifs de suivi, d’évaluation et d’audit. Les organisations indiquent qu’il pourra ensuite formuler des avis, des recommandations et, si nécessaire, lancer des alertes sur la mise en œuvre de ces mécanismes.
Les promoteurs insistent sur l’indépendance du nouveau comité. Celui-ci ne sera ni un organe de gestion ni un organe de représentation du Couloir Vert. Il ne se substituera pas non plus aux communautés et à leurs organisations représentatives. Il entend plutôt constituer un espace autonome de la société civile pour suivre, documenter et analyser les engagements pris en matière de participation et de droits.
La Fondation Virunga s’est engagée, selon le communiqué, à coopérer avec le comité. Elle devra notamment lui fournir les informations nécessaires à son travail et prendre en considération ses avis et productions. Les organisations membres précisent toutefois que cet accord ne limite pas leur liberté de mener leurs propres actions sur les questions liées aux droits humains et à la gouvernance environnementale.
Le comité réunit actuellement huit organisations et structures, parmi lesquelles APEM, ANAPAC-RDC, CORAP, Congo Green Solution, 11th Hour Project/Schmidt Family Foundation, Advocates for Community Alternatives, Rainforest Foundation UK et l’Université de Mons/EcoAct-Congo. Sa composition pourrait encore évoluer, avec notamment le développement de relais territoriaux et une implication accrue des organisations locales, des communautés et des peuples autochtones.
Autre priorité annoncée, c’est, permettre aux communautés de développer leurs propres initiatives et de bénéficier davantage des opportunités liées au Couloir Vert. Le comité entend notamment soutenir les formes communautaires de gouvernance reconnues par le droit congolais, dont les concessions forestières des communautés locales. Il prévoit aussi d’identifier les obstacles à l’accès aux financements, à l’accompagnement technique et aux opportunités économiques, avec une attention particulière aux petits producteurs et aux entrepreneurs locaux.
Le dispositif devra par ailleurs suivre plusieurs garanties, notamment la prévention de l’exclusion, de l’appauvrissement, de l’insécurité alimentaire, de la corruption, du blanchiment et du travail des enfants. En cas de manquements importants, le comité pourra formuler des recommandations et demander des mesures correctives. Il pourra également rendre publiques ses positions en cas de manquements graves et persistants.
Créé par le gouvernement congolais en janvier 2025, le Couloir Vert Kivu-Kinshasa couvre, selon le communiqué, environ 544 270 kilomètres carrés. Sa gestion a été confiée à la Fondation Virunga par l’ICCN. Sa phase pilote, prévue de 2025 à 2028, doit permettre de tester des projets, des investissements et des mécanismes de gouvernance.
Magloire Mutulwa
