Dr Nico né Nicolas Kasanda wa Mikalay à Mikalayi, dans la province du Kasaï, à Kananga, en RDC, est né le 7 juillet 1939, et mort le 22 septembre 1985, à Bruxelles, à l’âge de 46 ans.
Être artiste n’était pas un vrai métier à l’époque, famille d’artistes musiciens, ils avaient la musique dans le sang (presqu’une dynastie), le jeune Nicolas est issu d’une famille de guitaristes, son frère aîné Déchaud Charles Mwamba et ses deux cousins, Tino Baroza et Dicky Baroza étaient de véritables virtuoses.
Il a 12 ans lorsque son frère aîné lui met le pied à l’étrier, il fait ses premiers pas aux côtés de son frère aîné Déchaud Mwamba aux éditions Opika comme chanteur, en 1951. Une précocité qui étonne, ce qui surprend le plus chez le jeune Nicolas, c’est la vitesse à laquelle il atteint les sommets de la virtuosité. Son obsession absolue d’autodidacte et sa capacité d’apprentissage fulgurante pousse son frère aîné à le présenter à Grand Kalle, et intègre l’African Jazz, en 1953. Il surclasse tout le monde et s’impose, il a 14 ans.

Guitariste de renom, il devient le dieu incarné de la guitare et l’un des pionniers qui inspire tous les autres guitaristes. Dr Nico Kasanda Wa Mikalayi, grâce à sa virtuosité, introduit le picking (ou finger-picking), littéralement « cueillette au doigt » une technique de jeu de la guitare répandue chez les Haïtiens, en 1964 ; il l’impose dans la rumba congolaise d’où le surnom du « Docteur de la guitare ».
Dislocation de l’Africain Jazz de Grand Kalle
En 1963, il quitte Grand Kalle avec Tabu Ley Rochereau, chanteur principal du groupe et Roger Izeidi pour former l’African Fiesta, le 13 juillet 1963.
Succès de l’African de Fiesta
Jamais les mélomanes ne pouvaient imaginer que l’African Fiesta se disloquerait deux années à peine après sa création. Le groupe fait face à de querelle de leadership , de positionnement et d’importantes dissensions internes.
L’African Fiesta terminait quasiment tout ses concerts avec ce couplet du docteur Nico Kasanda : « Eh biatondi eh yo yo yo we biantodi Kasanda eh biatondi eh yo yo we biatondi Kasanda », en Tshiluba. En français facile « Merci Kasanda, tu peux arrêter. Nous sommes rassasiés ». C’est ainsi que l’African Fiesta terminait ses concerts avec ce couplet du Docteur Niko Kasenda à la demande du club fan des femmes. Les histoires de club fan ne datent pas d’aujourd’hui.

Les chansons du Dr Nico empreintes de tristesse évoquaient aussi ses déboires, et trahisons amoureuses. Le Dr Nico Kasanda était très amoureux de Sidonie Mwaluke immortalisée Déesse. Cette chanson a rencontré un gros succès.
Malgré cet aspect fort agréable, tous les grands et célébrités de l’époque courtisaient Déesse. C’était la mode à cette époque à Léopoldville, l’actuel Kinshasa. De guerre lasse, Déesse succomba aux charmes d’un blanc.
Dissensions, African Fiesta Sukisa et déclin
Decantonio, ex gardien de but du FC Dragon, conseiller artistique du Dr Nico et l’ambassadeur Kanyinda soupçonnent Roger Izeidi d’utiliser son label pour vendre des disques du groupe, à l’insu du Dr Nico. Furieux, il quitte le groupe et crée l’African Fiesta Sukisa, en 1965. Malgré son talent, l’African Fiesta Sukisa connaît de graves difficultés financières. Il s’éloigne des projecteurs, il se rapproche de Tabu Ley, il perd son statut.
Miné par les difficultés et atteint par la maladie, Dr Nico Kasanda meurt le 22 septembre 1985 à l’hôpital Saint-Luc de Bruxelles, à l’âge de 46 ans.
Jean-Claude Mombong Mass
