L’Afrique du Sud s’est réveillée sous le choc après une fusillade survenue à KwaMakhutha, un township situé à environ 30 kilomètres au sud de Durban, sur la côte est du pays. Au moins onze personnes ont été tuées et trois autres blessées dans cette attaque dont les auteurs sont toujours recherchés.
Le mobile de la fusillade demeure pour l’heure inconnu. Sur place, les proches des victimes témoignent de leur douleur et de leur incompréhension face à cette attaque meurtrière.
Des victimes prises pour cible dans une maison
Nomusa Zulu, mère de Scelo Zulu et de Mlungisi Zulu, deux victimes de la fusillade, raconte les circonstances du drame telles qu’elles lui ont été rapportées.
« Lorsque le soleil a commencé à se coucher et que la température a baissé, ils sont rentrés dans la maison, ont fermé la porte et ont continué à boire. Environ une heure plus tard, ils ont entendu quelqu’un frapper à la porte. Lorsqu’ils ont ouvert, des coups de feu ont éclaté. Deux des victimes étaient des membres de notre famille ; les autres étaient des voisins, qui habitaient dans les maisons alentour », témoigne-t-elle.
La police poursuit ses recherches pour retrouver les auteurs. Elle précise toutefois que certaines des personnes tuées étaient connues des autorités dans le cadre d’enquêtes portant sur des activités criminelles.
« Les coups de feu font partie du quotidien »
Dans le quartier, cette nouvelle fusillade ravive les inquiétudes liées à la circulation des armes à feu et aux violences criminelles.
Mzobanzi Zuma, président du Comité de sécurité de quartier de KwaMakhutha, estime que la fréquence des tirs complique la perception et le traitement des incidents par les habitants.
« Ce que je peux vous dire à ce sujet, c’est que je pense que si la police ne réagit pas toujours immédiatement ou ne prend pas systématiquement ces incidents au sérieux, c’est en grande partie parce qu’il y a un grave problème lié aux armes à feu ici », explique-t-il.
« À KwaMakhutha, on entend constamment des coups de feu. Le problème, c’est qu’on ne sait jamais ce qui se passe ni pourquoi quelqu’un tire à un moment donné. Et puis, plus tard, on apprend que des personnes ont été tuées, comme c’est le cas aujourd’hui. Mais ici, c’est devenu presque banal : les coups de feu font partie du quotidien », regrette-t-il.
Un pays confronté à une forte criminalité violente
Cette fusillade intervient dans un contexte marqué par un niveau élevé de criminalité violente en Afrique du Sud.
Les statistiques officielles de la police font état de 5 427 homicides au cours de la dernière période de trois mois, entre avril et juin, soit une moyenne de près de 60 homicides par jour.
Les fusillades constituent l’une des principales causes d’homicides dans le pays. La police et les experts de la criminalité mettent depuis longtemps en avant la circulation massive d’armes à feu illégales parmi les principaux facteurs contribuant à cette violence.
À KwaMakhutha, les enquêteurs doivent désormais déterminer les circonstances précises de l’attaque, identifier ses auteurs et établir le mobile de la fusillade qui a coûté la vie à au moins onze personnes.
Tenplar Ngwadi
