La Première ministre de la République Démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a réaffirmé, mercredi 23 septembre 2026, au siège des Nations unies à New York aux États-Unis, l’attachement de la RDC aux principes de la Convention relative au statut des réfugiés, à l’occasion du 75ème anniversaire de son adoption.
Intervenant lors de cette commémoration, la cheffe du gouvernement congolais a insisté sur le lien entre conflits armés, déplacements forcés et crises humanitaires. Elle a particulièrement évoqué la situation en Afrique et dans l’est de la RDC, appelant la communauté internationale à accroître son soutien aux populations affectées.
Selon les chiffres avancés par Judith Suminwa, la RDC compte actuellement plus d’un million de réfugiés dans les pays voisins et environ six millions de personnes déplacées internes. Parallèlement, le pays accueille plus de 500.000 réfugiés sur son territoire.

« Les déplacements forcés sont une conséquence de l’absence de paix et, bien souvent, ces déplacements donnent naissance à de graves crises humanitaires ».
Les déplacés particulièrement exposés aux crises sanitaires
Judith Suminwa a également attiré l’attention sur la vulnérabilité des populations vivant dans les sites de déplacés. Déjà confrontées aux conséquences des conflits et de la précarité, ces populations sont davantage exposées aux urgences sanitaires.
Elle a cité la situation liée à l’épidémie d’Ebola dans l’est de la RDC, estimant que les conditions de vie dans les camps de déplacés peuvent aggraver les conséquences de la crise. « Cette crise est beaucoup plus profonde et prononcée dans les camps des déplacés, des populations qui doivent déjà faire face aux affres de la guerre et des conflits, et qui aujourd’hui subissent encore cette épidémie d’Ebola ».
Face à cette situation, la cheffe du gouvernement congolais a appelé à une intervention rapide en faveur des populations touchées.

Pour une réponse fondée sur le nexus humanitaire-développement-paix
La Première ministre a plaidé pour davantage de solidarité internationale afin de mobiliser les ressources nécessaires à la prise en charge des urgences humanitaires. Elle a également insisté sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes des déplacements forcés, notamment à travers le rétablissement de la paix, le renforcement de la coopération entre États et la promotion du développement.
Judith Suminwa a, dans ce cadre, défendu une approche intégrée articulée autour du nexus humanitaire-développement-paix. Cette démarche vise à mieux coordonner les réponses d’urgence avec les actions de développement et les efforts de consolidation de la paix, afin de favoriser la réinsertion durable des populations affectées.

Une commémoration au siège des Nations unies
La cérémonie marquant les 75 ans de la Convention relative au statut des réfugiés s’est déroulée au siège des Nations unies en présence du président de l’Autriche et du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a également pris la parole lors de cette commémoration consacrée à l’avenir de la protection internationale des réfugiés et aux défis posés par l’augmentation des déplacements forcés.
La Gazette du Continent
