L’Union des Professionnels des Médias de Songololo (UPROMES) dénonce des actes de brutalité qui auraient été commis contre le journaliste Roger Nsingulu, de la Radio Bangu TV de Kimpese.
Dans un communiqué publié le 20 septembre 2026, l’organisation professionnelle rapporte que le confrère aurait été interpellé et maltraité par des éléments de la police d’intervention rapide (LENI/Légion PIR), lors d’une opération de bouclage menée le samedi 19 septembre dans le quartier 4 Madiadia, près du petit marché de Nlandu, à Kimpese.
Selon le récit livré par Roger Nsingulu à ses confrères, les faits se seraient produits vers 14 heures. Le journaliste se trouvait devant sa parcelle lorsqu’il aurait demandé à son frère de rentrer à la maison, par crainte qu’il ne soit confondu avec une personne recherchée dans le cadre de l’opération policière.
Cette intervention aurait donné lieu à un malentendu. D’après le journaliste, les policiers l’auraient accusé d’être impliqué dans la vente de cannabis. Roger Nsingulu affirme avoir expliqué qu’il n’était pas vendeur de stupéfiants, mais journaliste et enseignant au secondaire.
Des injures et des coups dénoncés
Toujours selon son témoignage, cette présentation de son identité professionnelle n’aurait pas permis de calmer la situation. Le journaliste affirme avoir été insulté, notamment traité d’« abruti », avant d’être frappé par des policiers.
L’UPROMES rapporte également que certains éléments de la police auraient manifesté leur mécontentement à l’égard des journalistes locaux, en particulier ceux de la Radio Bangu, dont certaines émissions donnent régulièrement la parole à la population pour dénoncer des abus ou des bavures présumées.
L’organisation cite notamment l’émission « Siluwa Mambu », présentée comme un espace au cours duquel des habitants peuvent évoquer différents problèmes auxquels ils sont confrontés.
Selon Roger Nsingulu, un policier lui aurait également tenu des propos menaçants en faisant référence à d’autres journalistes qui auraient, par le passé, été interpellés par les forces de l’ordre. Ces propos, rapportés par le confrère, devront être vérifiés dans le cadre d’une éventuelle enquête.
Menotté et conduit à travers la cité
Le journaliste affirme avoir été menotté et conduit à travers plusieurs endroits de la cité alors qu’il était pieds nus. Il aurait eu ses vêtements, notamment son T-shirt et sa culotte, déchirés au cours de l’incident.
L’UPROMES indique que Roger Nsingulu présentait des signes visibles d’agression lorsqu’il a été retrouvé. Il aurait finalement été libéré vers 18 heures, soit environ quatre heures après son interpellation.
Toujours selon l’organisation professionnelle, le journaliste n’aurait fait l’objet d’aucune audition formelle et aucune amende ne lui aurait été infligée avant sa libération.
Ces éléments reposent à ce stade principalement sur le témoignage du journaliste et le compte rendu de l’UPROMES. Les circonstances exactes de l’intervention, ainsi que l’identité des policiers impliqués et leurs éventuelles motivations, restent à établir par les autorités compétentes.
L’UPROMES réclame une enquête
Alerté par la population, le bureau de l’UPROMES a tenu une réunion d’urgence au domicile du journaliste, sous la conduite de son président, Chiko Lumpuvika, en présence de plusieurs professionnels des médias du territoire de Songololo.
À l’issue de cette rencontre, l’organisation exige que toute la lumière soit faite sur les circonstances de l’incident. Elle demande notamment l’identification des policiers impliqués afin que les responsabilités individuelles puissent être établies.
L’UPROMES annonce par ailleurs son intention de saisir officiellement l’Auditeur militaire de garnison de Mbanza-Ngungu afin de porter les faits à sa connaissance et de solliciter l’ouverture d’une procédure judiciaire.
Des actions de protestation envisagées
L’organisation professionnelle demande aux autorités compétentes de donner rapidement des suites à cette affaire.
Elle prévient qu’en l’absence de réponse jugée satisfaisante, des actions de protestation pourraient être organisées dans le territoire de Songololo. L’UPROMES évoque notamment des journées sans signal radio ni télévision ainsi que des sit-in devant le bureau de l’ex-cité de Kimpese.
Ces mesures annoncées visent, selon l’organisation, à obtenir des explications sur les circonstances de l’interpellation et à faire établir les responsabilités.
Les autorités locales et nationales interpellées
À travers son communiqué, l’UPROMES prend à témoin plusieurs autorités et acteurs locaux, provinciaux et nationaux, notamment l’administrateur du territoire de Songololo, le président de l’Assemblée provinciale du Kongo Central, le président du caucus des députés nationaux du Kongo Central, les députés nationaux et provinciaux de Songololo, les autorités judiciaires civiles et militaires, les responsables des FARDC et de la Police nationale congolaise, ainsi que la société civile et la notabilité.
Le communiqué est signé par Sauveur Kibangu, rapporteur, et Chiko Lumpuvika, président de l’UPROMES.
L’affaire intervient dans un contexte où les relations entre certains professionnels des médias et les forces de sécurité font régulièrement l’objet de débats autour de la protection des journalistes, de la liberté de la presse et des conditions d’exercice du métier. L’enquête annoncée devra permettre de déterminer les circonstances précises de l’incident de Kimpese et, le cas échéant, les responsabilités des différents protagonistes.
La Gazette du Continent
