Le professeur Jean-Jacques Muyembe-Tamfum a poursuivi, le samedi 12 septembre 2026, sa mission à Bunia, dans la province de l’Ituri, consacrée au renforcement de la riposte contre l’épidémie d’Ebola à virus Bundibugyo.
Pour sa deuxième journée sur le terrain, le directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) a rencontré les principaux acteurs de la réponse, les équipes médicales et de recherche ainsi que les communautés.
Un appel à l’unité des acteurs de la riposte
La journée a débuté par une réunion avec la coordination de la riposte, réunissant les différents partenaires et intervenants engagés dans la lutte contre l’épidémie.
Dans son message, le professeur Muyembe a insisté sur la nécessité d’une action collective, fondée sur l’unité, la responsabilité et l’engagement de tous.

« Le Président de la République nous fait confiance. Le monde entier nous regarde. Nous avons affirmé que la RDC dispose d’une grande expérience face à Ebola ; nous devons aujourd’hui le démontrer sur le terrain », a-t-il déclaré.
Fort de l’expérience acquise au cours de 17 épidémies d’Ebola, le directeur général de l’INRB a appelé les équipes à dépasser les appartenances institutionnelles et les intérêts individuels. « Il ne s’agit pas du nom inscrit sur nos gilets. Il s’agit de défendre nos communautés et de sauver des vies. Travaillons ensemble pour mettre fin à cette épidémie ».
Harmoniser les données et la communication
Après la réunion de coordination, Jean-Jacques Muyembe-Tamfum s’est rendu au quartier général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Bunia, où il a échangé avec les équipes impliquées dans la réponse.
Rappelant le rôle historique de l’OMS dans l’accompagnement de la RDC lors des précédentes épidémies d’Ebola, il a insisté sur l’importance d’harmoniser les données et les messages diffusés au public. Le professeur Muyembe a également appelé à éviter les communications inutilement alarmistes et à privilégier une information capable à la fois d’informer, de rassurer et de mobiliser les populations.
Il a, par ailleurs, plaidé pour une implication accrue des sociologues et des anthropologues dans la riposte. Leur contribution doit permettre de mieux comprendre les réalités locales et d’adapter les interventions aux communautés, appelées à devenir de véritables actrices de la lutte contre l’épidémie.
À cette occasion, l’OMS en RDC a présenté au professeur Muyembe la mise en place d’un hub destiné à accompagner les cliniciens. Cette initiative vise à harmoniser et standardiser la prise en charge des patients atteints d’Ebola dans les différentes structures sanitaires.
Visite des structures de prise en charge et de recherche
La mission s’est ensuite poursuivie dans plusieurs sites de prise en charge et de recherche clinique à Bunia.
À l’Hôpital général de référence de Rwampara, où fonctionne un centre PEP de l’essai clinique EBO-PEP, le directeur général de l’INRB a échangé avec les équipes médicales. Il a également rencontré le médecin chef de zone afin de faire le point sur la situation sanitaire dans la zone de santé de Rwampara.

Le professeur Muyembe s’est ensuite rendu au Centre médical évangélique (CME), qui accueille plusieurs activités liées à la riposte. Il s’agit notamment de la prise en charge des patients, du centre PEP de l’étude EBO-PEP et de certaines activités de l’essai clinique PARTNERS.
Encouragement aux équipes engagées sur le terrain
Au contact des prestataires de santé, des chercheurs et des communautés, Jean-Jacques Muyembe-Tamfum a délivré un message d’encouragement et d’espoir. Il a salué l’engagement quotidien des équipes mobilisées dans la réponse à l’épidémie, tout en les encourageant à maintenir leurs efforts afin de parvenir rapidement à la maîtrise de la maladie. La visite s’est également poursuivie auprès des équipes des études PARTNERS et EBO-PEP, des professionnels affectés au Centre de traitement Ebola (CTE), ainsi que des chercheurs de l’étude MBOTE, également conduite par l’INRB.
Cette deuxième journée de mission aura ainsi été marquée par un même leitmotiv qui est de mettre à profit l’expérience de la RDC, renforcer la coordination entre les acteurs et placer les communautés au centre de la riposte pour parvenir à stopper l’épidémie d’Ebola à virus Bundibugyo.
Zacharie M. Mikounga
