Une clôture fortement dégradée, un risque sécuritaire majeur et l’Action des Jeunes pour le Bien-être Social (AJBS), organisation de la société civile engagée dans la promotion des droits humains et de la justice, tire la sonnette d’alarme sur la situation de la prison militaire d’Angenga, située dans la province de la Mongala.
Dans une correspondance adressée le 11 septembre 2026 au ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, l’organisation demande au Gouvernement d’intervenir en urgence pour sécuriser cette infrastructure pénitentiaire de haute sécurité.
Située à environ 25 kilomètres de Lisala, dans le groupement Mondunga, secteur Ngombe-Doko, territoire de Lisala, la prison d’Angenga serait confrontée à un important problème de délabrement de ses infrastructures, particulièrement au niveau de sa clôture.
Pour l’AJBS, cette situation représente une menace non seulement pour la sécurité de l’établissement, mais également pour les détenus, le personnel pénitentiaire et les populations vivant dans les environs.
Une infrastructure construite depuis 1959
L’organisation rappelle que la prison militaire d’Angenga a été construite en 1959. Après plusieurs décennies d’utilisation, ses infrastructures nécessitent, selon l’AJBS, une réhabilitation en profondeur, voire une reconstruction.
La vétusté de l’établissement soulève ainsi des préoccupations quant aux conditions de sécurité et de fonctionnement d’une prison destinée notamment à accueillir des détenus dans un cadre militaire et de haute sécurité.
L’AJBS estime que l’état actuel des installations ne devrait pas être traité comme une simple question d’entretien courant, compte tenu de la fonction stratégique de cet établissement pénitentiaire.
La clôture au cœur de l’alerte
La principale urgence identifiée par l’organisation concerne toutefois la clôture de la prison. Sa dégradation avancée pourrait, selon l’AJBS, faciliter des tentatives d’évasion ou permettre des intrusions dans l’enceinte pénitentiaire.
Une telle situation pourrait également exposer le personnel et les détenus à des risques supplémentaires et créer une menace pour la sécurité des communautés environnantes.
Face à cette situation, l’organisation demande au Gouvernement de ne pas attendre la réalisation d’un éventuel projet global de réhabilitation avant d’agir.
Une intervention immédiate avant la reconstruction
L’AJBS plaide pour la réhabilitation ou la reconstruction de l’ensemble des infrastructures de la prison militaire d’Angenga. Mais, dans l’immédiat, elle recommande une intervention ciblée sur la clôture.
L’objectif est de rétablir rapidement le périmètre de sécurité de l’établissement, en attendant le lancement effectif de travaux plus importants. Pour l’organisation, cette mesure d’urgence permettrait de réduire les risques d’évasion et d’intrusion et de garantir de meilleures conditions de sécurité au sein et autour de la prison.
L’AJBS interpelle directement le Gouvernement
Dans sa correspondance datée du 10 septembre 2026 et faite à Lisala, l’organisation appelle donc à la diligence du ministère de la Justice afin qu’une intervention soit engagée dans les meilleurs délais.
Au-delà de la seule prison d’Angenga, cette alerte remet en lumière la question de l’état des infrastructures pénitentiaires en RDC, notamment dans les zones éloignées de Kinshasa, où la vétusté des bâtiments et les difficultés d’entretien peuvent poser des problèmes importants de sécurité et de prise en charge des détenus.
Pour l’AJBS, la sécurisation de la prison d’Angenga constitue désormais une urgence qui ne devrait plus être différée.
Zacharie M. Mikounga
