L’Observatoire de la dépense publique (ODEP), dirigé par le professeur Florimond Muteba, propose de confier la conduite opérationnelle du futur dialogue national à une commission indépendante composée exclusivement d’experts congolais.
Dans un communiqué parvenu mardi à DosEco, l’organisation de la société civile estime que le chef de l’État, Félix Tshisekedi, conserverait pour sa part le rôle de garant institutionnel du processus. Cette répartition des responsabilités viserait à rassurer les différentes parties prenantes et à renforcer leur confiance dans le dialogue.
Pour l’ODEP, la crédibilité du processus dépend notamment de la neutralité de son organisation et de l’impartialité de ceux qui seront chargés de l’animer. Une telle séparation des rôles devrait, selon l’organisation, préserver la neutralité du dialogue et favoriser l’adhésion des différentes composantes de la société congolaise.
L’Observatoire souhaite notamment voir représentés la majorité, l’opposition, les organisations communautaires de base, les universités, les entreprises publiques, la Fédération des entreprises du Congo (FEC), l’administration publique et la société civile. Il préconise également la représentation des structures implantées dans les groupements, les collectivités, les quartiers, les communes et les villes.
Définir les participants, les critères et l’agenda
L’ODEP estime par ailleurs que les modalités du dialogue ne devraient pas être fixées de manière unilatérale. Il propose que la commission préparatoire soit chargée de déterminer les participants, d’établir les critères de représentativité et de contribuer à la définition de l’agenda.
Ces différents éléments devraient être consignés dans les termes de référence du processus, afin d’en préciser le cadre et les modalités.
Dans la foulée, l’Observatoire encourage Félix Tshisekedi à maintenir une volonté politique « définitive, ferme et sans tergiversation » en faveur du dialogue. L’organisation estime toutefois que les orientations déjà formulées par le chef de l’État ne devraient pas être considérées comme définitivement arrêtées.
Selon l’ODEP, ces orientations devraient être examinées au sein de la commission préparatoire afin d’en évaluer collectivement la pertinence et la conformité avec les objectifs du dialogue. La commission proposée ne serait donc pas limitée à des tâches logistiques, mais participerait également à la définition du format et du contenu des discussions.
Une représentation fondée sur les 145 territoires
L’ODEP préconise une représentation prenant en compte les réalités des 145 territoires de la RDC. Cette approche permettrait, selon l’organisation, de faire remonter les préoccupations de la population depuis les communautés locales jusqu’au niveau national.
Le professeur Florimond Muteba propose également d’intégrer la diaspora au processus en la considérant comme une « 27ᵉ province ». Dans ce schéma, chaque pays accueillant une communauté congolaise organisée serait assimilé à un territoire de cette province.
Les Congolais établis à l’étranger pourraient ainsi présenter leurs préoccupations et participer aux travaux du futur dialogue national, dans le cadre du dispositif proposé par l’ODEP.
Tenplar Ngwadi
