La réhabilitation de l’ancienne prison militaire de Shinkakasa, à Boma, dans la province du Kongo Central, est désormais envisagée comme une piste pour renforcer les capacités pénitentiaires de la province et améliorer les conditions de détention.
Le projet a été évoqué mercredi 3 septembre 2026 à l’occasion de la visite du ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, dans cette ancienne infrastructure située dans la concession militaire de Kachinka.
Cette visite s’inscrit dans le cadre de la mission officielle du ministre au Kongo Central, consacrée à l’évaluation du fonctionnement de l’appareil judiciaire, des conditions de détention et de l’état des infrastructures relevant de son ministère.

Un ancien ouvrage militaire construit avant l’indépendance
L’histoire du site de Shinkakasa remonte à la période coloniale. Édifié avant l’indépendance de la RDC, le fort de Shinkakasa avait à l’origine une fonction essentiellement stratégique et militaire.
L’ouvrage faisait partie du dispositif de défense de Boma, alors un important centre administratif et portuaire du Congo. Sa position et ses installations lui conféraient un rôle dans la protection de la ville et de ses intérêts stratégiques.
Le site a par la suite été utilisé comme établissement pénitentiaire militaire, avant d’être désaffecté. L’évolution des normes de détention et l’inadaptation progressive de ses installations ont contribué à son abandon.
Aujourd’hui, cette ancienne infrastructure apparaît comme un site à fort potentiel, mais qui nécessite d’importants travaux avant toute nouvelle utilisation pénitentiaire.
Vers une prison adaptée aux normes modernes
Lors de sa visite, Guillaume Ngefa Atondoko Andali a examiné la possibilité de réhabiliter Shinkakasa afin d’en faire, à terme, un établissement pénitentiaire répondant davantage aux standards actuels.
Une telle transformation nécessiterait au préalable des études techniques, architecturales et sécuritaires pour déterminer l’état réel des bâtiments et les travaux indispensables.
La réhabilitation devrait porter sur les cellules et espaces de détention, l’aération, l’accès à l’eau et à l’assainissement, les installations sanitaires, les espaces destinés aux soins et à la prise en charge des détenus, ainsi que sur les dispositifs de sécurité.
L’objectif serait également d’augmenter les capacités d’accueil tout en garantissant des conditions de détention compatibles avec le respect de la dignité humaine.
Une réponse possible à la surpopulation carcérale
La remise en état de Shinkakasa pourrait contribuer à renforcer les capacités d’accueil du système pénitentiaire au Kongo Central.
Cette perspective intervient dans un contexte national marqué par la surpopulation dans plusieurs prisons, avec des conséquences sur les conditions de vie des détenus, l’hygiène, l’accès aux soins et la sécurité.
La réhabilitation d’une infrastructure existante permettrait ainsi au ministère d’explorer une solution supplémentaire, plutôt que de dépendre uniquement de la construction de nouveaux établissements.
Mais avant toute décision définitive, les autorités devront déterminer la faisabilité technique et financière du projet ainsi que les modalités de sa mise en œuvre.
La concession de Kachinka également au centre des préoccupations
La visite ministérielle ne s’est pas limitée à l’ancienne prison. Le ministre d’État s’est également intéressé à la situation foncière de la concession militaire de Kachinka, où est notamment implantée la 142ème base navale.
Des préoccupations concernant le morcellement et l’occupation de certaines parties du domaine ont été soulevées.
Guillaume Ngefa a demandé qu’un examen approfondi soit effectué afin de clarifier la situation juridique et foncière des espaces concernés, d’identifier les procédures engagées et, si nécessaire, d’établir les responsabilités conformément aux textes en vigueur.
Shinkakasa, entre patrimoine historique et défi pénitentiaire
Au-delà de sa vocation potentielle de prison, le site de Shinkakasa présente également un intérêt historique. Son histoire est étroitement liée à celle de Boma et à l’évolution des infrastructures militaires de l’époque coloniale.
Sa réhabilitation poserait donc un double enjeu : préserver un patrimoine public historique tout en lui donnant une nouvelle fonction adaptée aux besoins actuels de la Justice.
La visite de Boma intervient après les étapes de Madimba, Mbanza-Ngungu et Muanda, dans le cadre de la mission de terrain du ministre de la Justice au Kongo Central.
À travers ces différentes étapes, le ministère cherche à établir un état des lieux des infrastructures judiciaires et pénitentiaires, à identifier les priorités et à dégager des pistes pour moderniser le système judiciaire et améliorer les conditions de détention.
La Gazette du Continent
