Zaiko Langa Langa fête aujourd’hui ses 56 ans , un record de longévité jamais atteint par un groupe musical , et qui restera gravé dans les archives de l’histoire de la musique congolaise
Zaiko Langa Langa est né à Kasavubu au 10 ,rue Popokaba , une des communes de Kinshasa, la capitale du Congo, le 24 décembre 1969 à 15 heures , par un collège de fondateurs dont feu Moanda Di Veta ,Henri Mongombe, Delo Marcellin et André Bita.
Sans Jules Shungu Papa Wemba , Zaïko n’aurait peut-être jamais existé , il est le détonateur, c’est grâce à sa prestation improvisée au cours d’une répétition de l’orchestre Belguide ( l’ancêtre de Zaiko ) que le comité directeur décida de dissoudre le groupe, trouvant que les musiciens de Belguide n’avaient pas un bon niveau.
Éblouis par la voix et la prestation de Jules Shungu ( Papa Wemba) , les responsables de cette formation décident donc de créer un nouvel orchestre sur les cendres de Belguide avec Pépé Felly Manuaku comme premier musicien, Jules Shungu et plus tard Jossart N’Yoka Longo.
La légende raconte que Baudouin et Chriso Mitsho , deux étudiants en Belgique en vacances au pays et amis de Papa Wemba , qui auraient donné le nom de Zaïko- zaico-, un groupe musical de belgicains qui existait déjà en Belgique, fondé en 1967 à Mons par Ngalula
Certaines sources parlent de Zaïko( Zaïre ya Bakokos, zaïre des anciens ou le fleuve des anciens ) , baptisé par Dv Moanda, co-fondateur ,ancien agent publicitaire de Thu-zaïna. C’est Papa Wemba qui ajoutera le suffixe de Langa Langa( nom d’une plante médicinale de Sankuru, sa région natale).
La genèse de Zaïko est un sujet de polémique et des contre-vérités, elle est racontée comme la bible , à chacun son évangile. La chronologie à la minute près d’arrivée de tel artiste ou d’un autre entre le 24 décembre 69 et le 28 mars 1970, date de sortie officielle du groupe, pose problème .
La première répétition a eu lieu le 25 décembre 1969, sur 9 rue Luozi à Matongé ( Renquin) , dans la résidence du président Henri Mongombe, avec comme seuls musiciens Pépé Manuaku et Jules Shungu. Enoch Zamaguana de passage, entre dans le lieu de répétition et devient le quatrième musicien, après Teddy Sukami, administrateur de Belguide, formé à la guitare par Manuaku.
C’est Delo Marcellin et André Bita qui insisteront pour récupérer Jossart Nyoka, un ancien de Belguide, pour qu’il fasse partie du nouvel orchestre Zaïko.
Siméon Mavuela n’était pas chanteur au début, il accompagnait son ami Odon Pelasimba aux répétions , il le deviendra après. Baudouin Mitsho sera le premier batteur, zephyrin Matima venu de Stukas était guitariste pop, Oncle Bapius, Damien Ndembo, Evoloko est venu après Nyoka Loko , Bimi était drumeur pop et Mbuta Mashakado(chanteur pop) Gina wa Gina venu de LeMaps , un orchestre de Kalina rejoint le groupe en 1971 et Bozi Boziana quelques années après.
Le 28 mars 1970 , sortie officielle du groupe à Hawaï sur Bongolo, dans la commune de Kalamu avec les premières chansons à succès comme Mozinzo de Teddy Sukami, Pauline de Jules Shungu, Francine Keller d’Anto Evoloko et La Tout-Neige de Jossart Nyoka Longo, avec la danse Ngwabin, nom d’un ancien détenu et gangster.
Après le succès, Zaïko connaît sa première scission et non des moindres avec le départ d’Evoloko , Papa Wemba, Mavuela et Bozi . Il subira une deuxième hémorragie massive en 1988 avec le départ des Bimi et autres .
Au-delà de ses succès , de trahisons ,de nombreux départs , de défections ,turbulences et la présence des musiciens de très grande qualité et talents ( Papa Wemba, Evoloko, Manuaku, Bimi , Gina etc…),le plus exceptionnel est encore la longévité de son président Jehrsy Jossart N’yoka Longo.
Parvenir à tenir pendant 56 ans des musiciens demande une volonté, une détermination, un professionnel et une discipline à toute épreuve.
Ce sont les qualités premières de son président, l’inoxydable Jossart Nyoka Longo.
Depuis un demi-siècle, son nom s’est imposé et porté au plus haut dans l’histoire de la musique congolaise.
Qui aurait pu imaginer qu’un tel destin attendait ce jeune homme effacé, d’origine très modeste ,dans Zaiko, en 1969.
L’étincelle de la musique a embrasé son âme dès son jeune âge , il s’est jeté à corps perdu dans ce groupe depuis sa création et sa passion pour Zaiko ne s’éteindra plus jamais.
Il demeure le soldat le plus fidèle de ce groupe qui nous procure du plaisir et d’envoûtement.
Maitre incontesté et gardien vigilant du patrimoine, sans chercher à épuiser la liste de ses réalisations, il serait juste de mettre à son actif un bilan sans équivalent , sa longévité , unique dans l’histoire de la musique congolaise.
Il est le seul artiste congolais à carrière sans discontinuer, de 1969 jusqu’à nos jours dans Zaiko.
Jean- Claude Mombong Mass
