Le 39e sommet annuel de l’Union africaine (UA) s’est ouvert ce samedi 14 février 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, dans un climat de gravité internationale. Pour son premier grand oral devant les chefs d’État du continent, Mahamoud Ali Youssouf, élu à la tête de la Commission en 2025 pour un mandat de quatre ans, a choisi des mots puissants pour interpeller l’assistance sur le drame qui se joue au Proche-Orient.
« Au Moyen-Orient, la Palestine et la souffrance de son peuple interpellent aussi nos consciences. L’extermination de ce peuple doit cesser », a martelé le diplomate djiboutien. En utilisant le terme « extermination », le chef de l’exécutif de l’UA durcit le ton face à la situation dans la bande de Gaza, ce petit territoire côtier soumis à un siège israélien total depuis plus de deux ans.
Le président de la Commission a mis en avant le coût humain effroyable de ce conflit déclenché après l’attaque du 7 octobre 2023. Si cette dernière a entraîné la mort de 1 221 personnes côté israélien, la riposte militaire qui a suivi a provoqué une hécatombe sans précédent : selon les données du ministère de la Santé de Gaza, au moins 71 667 Palestiniens ont été tués à ce jour dans l’enclave.
Au-delà de la crise palestinienne, Mahamoud Ali Youssouf a dressé un bilan sans concession de l’état sécuritaire du continent africain. Il a pointé l’échec relatif des initiatives visant à stabiliser les zones de tension, rappelant que l’objectif de « faire taire les armes » peine encore à devenir une réalité.
« Du Soudan au Sahel, à l’Est de la République démocratique du Congo, en Somalie et ailleurs, nos populations continuent à payer le prix fort de l’instabilité », a-t-il déploré. Pour le patron de la Commission, les conflits qu’ils soient « ouverts ou latents » tendent à devenir chroniques, alimentés par une « fragilité politique et institutionnelle » qui préoccupe l’organisation.
Ce sommet, qui réunit tout au long du week-end les dirigeants africains dans la capitale éthiopienne, s’annonce comme celui de la confrontation avec les réalités sécuritaires, tant mondiales que régionales, sous l’impulsion d’une Commission résolue à porter la voix des populations civiles.
Tenplar Ngwadi
