L’État doit assumer pleinement ses responsabilités. La situation actuelle n’est plus tenable. Les Congolais souffrent – et c’est peu de le dire – particulièrement à Kinshasa, où des foules entières marchent chaque jour pour se rendre au travail, à l’hôpital, à un rendez-vous ou simplement pour satisfaire leurs besoins les plus élémentaires.
Les causes de cette situation sont multiples, mais une se démarque par son caractère vital, l’absence d’un véritable système de transport en commun. Il devient plus qu’urgent que l’État prenne en main ce secteur, qu’il le régule, l’organise et en assure une prise en charge effective. On ne peut continuer à regarder le peuple souffrir alors que des solutions existent. Il suffit d’observer ce qui se fait dans d’autres régions du monde pour comprendre qu’un système de transport public efficace est à la fois possible et indispensable.
Je m’explique.
La question du transport en commun en République démocratique du Congo, et particulièrement à Kinshasa, n’est pas seulement un enjeu de mobilité. C’est un enjeu social, économique, sanitaire et même sécuritaire.
Dans une capitale de plus de 15 millions d’habitants, l’absence d’un système public organisé constitue l’un des facteurs majeurs de la souffrance quotidienne de la population.
Voici ce que je dénonce et les solutions que je propose.
- Un État responsable protège la dignité de ses citoyens.
Un peuple qui marche des kilomètres sous un soleil accablant ou sous la pluie pour accéder aux services essentiels perd progressivement espoir et sentiment de dignité. L’État, garant du bien-être collectif, ne peut rester spectateur. Une politique publique de transport n’est pas un luxe, c’est un droit citoyen.
- Le manque de transport en commun crée des inégalités profondes.
À Kinshasa, la mobilité dépend souvent du revenu. Ceux qui ont plus de moyens se déplacent, les autres subissent.
Cela crée des retards systémiques dans les écoles et les universités, une baisse de productivité en entreprise, un accès limité aux soins, particulièrement pour les plus vulnérables, une hausse de la pauvreté liée au coût du transport privé. J’en passe et des pires car un transport public fiable permet de réduire ces inégalités et d’ouvrir des opportunités économiques à tous.
- Le chaos actuel n’est pas une fatalité, des solutions existent et je ne demande pas de réinventer la roue.
De nombreuses métropoles en Occident – y compris en Afrique comme Addis-Abeba, Dakar – pour ne prendre que ces deux exemples là parmi tant d’autres, ont mis en place des bus urbains régulés, des voies réservées, des cartes prépayées, une flotte publique ou semi-publique, des partenariats avec le privé encadrés par un cahier des charges strict.
Ce que d’autres ont fait, Kinshasa peut le faire. Le Congo en a les moyens, il faut juste une volonté politique claire, continue et rigoureuse.
- Une réforme du transport bénéficierait à toute l’économie.
Un réseau de transport moderne réduit les retards et augmente la productivité, crée des milliers d’emplois (chauffeurs, agents, maintenance…), améliore la sécurité routière, diminue les coûts supportés par les ménages et encourage les investissements privés dans la ville. C’est une réforme structurante et rentable pour la Nation.
- Mettre le peuple au centre de toutes les préoccupations, c’est là la vraie urgence.
Les Congolais n’ont pas besoin de discours, mais de solutions concrètes. Organiser un transport public est l’une des mesures les plus directes pour améliorer immédiatement le quotidien de millions de citoyens.
L’État ne peut plus se contenter de laisser la mobilité aux mains d’initiatives privées non régulées et non conforme. Impolitesse et agressivité du chauffeur et du receveur, entassement, saleté, véhicule poubelle(sprinter), ….
Le peuple congolais mérite un système digne, moderne et humain.
Rolain Mena Sakameso
Président National de LRC
