L’image, devenue tristement banale dans les rues congolaises, suscite une vive indignation. Une moto transportant six personnes, dont cinq écoliers serrés comme des bagages, symbolise l’irresponsabilité collective et la négligence des autorités face à la sécurité des plus jeunes. L’Association des Enfants des Pionniers de l’Indépendance (ASSEPICO) lance un appel pressant à l’action.
« Nos enfants ne sont pas des bagages », martèle Léon Engulu III, Porte-parole de l’ASSEPICO, dénonçant un spectacle quotidien qui relève, selon lui, de la « négligence criminelle ». L’image, d’une gravité certaine, illustre une série d’infractions flagrantes au code de la route et à la sécurité publique. Une moto, conçue pour deux personnes, transporte ici six individus, mettant en péril l’équilibre précaire des passagers. L’absence totale de casques aggrave le risque de traumatismes crâniens en cas de chute, tandis que l’installation des enfants entre le conducteur et le guidon entrave toute manœuvre d’urgence.
Un appel aux plus hautes autorités
Face à cette situation alarmante, l’ASSEPICO adresse un appel direct à la Première ministre, Judith Suminwa, au ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, ainsi qu’aux gouverneurs de province. L’association demande des mesures rigoureuses et concrètes. « L’heure n’est plus aux constats mais à la rigueur », insiste Léon Engulu III, s’interrogeant sur l’efficacité de la police de circulation routière qui, dit-il, traque les conducteurs sans permis tout en laissant passer ces engins surchargés.
L’ASSEPICO s’interroge également sur le rôle des parents et sur les mesures prises pour réguler le transport scolaire. La passivité des autorités est qualifiée de « complicité », et l’association rappelle que « gouverner, c’est protéger, et protéger commence par sécuriser le trajet de l’enfant vers son école. »
Un message désolant à la communauté internationale
Au-delà des risques physiques immédiats, l’image renvoie une perception négative du pays à l’échelle internationale. Elle dépeint une nation où la vie humaine semble avoir peu de valeur, où l’anarchie routière est tolérée et où la sécurité des plus vulnérables est sacrifiée. L’ASSEPICO rappelle qu’il est impossible de prétendre au développement tout en acceptant que les futurs cadres de la nation risquent leur vie chaque jour. « Pour que le Congo de demain existe, il doit arriver à l’école vivant aujourd’hui », conclut Léon Engulu III, appelant à mettre fin à cette « norme de l’absurde ».
Opinion libre de M. Engulu avec la Gazette du Continent
