Pascal-Emmanuel Sinamuey Tabu Ley est l’âme de la musique congolaise et icône africaine.
Pascal Tabu Ley, alias Rochereau est né le 13 novembre 1940 à Sinamuey dans le territoire de Bagata, dans la province de Bandundu. Mais l’officier de l’état-civil qui enregistre le nom de naissance de l’enfant va l’inscrire par erreur dans son registre sous le nom de son lieu de naissance » Sinamuey » et le lieu de naissance à Bagata. Le jeune Pascal -Emmanuel portera ce nom jusqu’à l’âge de 19 ans avant de retrouver son patronyme de Tabu .
Fils de Joseph Tabu un batelier et Colette Gokuni, enfant unique, élève studieux, le jeune Pascal voulait devenir prêtre catholique.
En 1959, il termine ses études , il est secrétaire à l’Athénée de Kalina malheureusement il sera rattrapé par le virus de la musique.
Il est l’un des grands monuments de la musique africaine, Roi de la rumba congolaise, inspirateur et légendaire créateur de la musique congolaise, tous les artistes congolais revendiquent leur appartenance, parenté ou filiation musicale avec lui .
Il a été plébiscité par Jeune Afrique comme personnalité congolaise, à côté de Lumumba ,de Mobutu, comme ayant marqué l’histoire de l’Afrique au XXe siècle.
Il est l’un des premiers artistes africains à jouer à l’Olympia. Comme beaucoup de gosses de son âge, Tabu Ley a commencé dans les chorales d’églises et celles des écoles- servant des messes à l’âge de 8 ans , soprano dans la chorale à 9 ans- il a commencé la musique à l’âge de 10 ans.
Lauréat à un concours de meilleur chanteur, Tabu Ley a chanté devant le Roi Baudouin en 1955 à l’inauguration du stade Tata Raphaël et des finalistes congolais ( André Boboliko, Thomas Kanza, Henri Kathalay etc…).
Un hasard providentiel avec Grand Kallé Kabasele .
Sa rencontre avec le Grand Kallé Kabasele fut déterminante pour le reste de sa carrière musicale. C’est Grand Kallé qui lui a mis le pied à l’étrier.
En 1956 , à 16 ans , élève à Saint Anne, un hasard providentiel les a fait rencontrer à Itaga chez Ok Bar dans la commune de Kinshasa ; celui-ci l’invita chez lui au 108 rue Kongolo, chez la sœur du Cardinal Malula ; dans sa chambre,Tabu Ley l’épata en chantant » kaji bolingo …nayebaki te okozonga », c’est comme ça que Tabu Ley pendant 4 ans écrivait des chansons pour lui .
Le 6 juin 1959, Kabasele absent à unconcert,profitant de la circonstance, Tabu Ley est monté sur scène pour la première fois, ce fut l’éclore ,la naissance d’un génie.
L’élève a-t-il dépassé le maître ?
De l’African Jazz du Grand Kallé Kabasele à l’Africa Fiesta, Tabu Ley créa l’Afrisa International et règnera en seigneur ; il devient le Seigneur Ley , le Dieu de la musique congolaise. Il a joué partout dans le monde , aux États-Unis, En Europe, toute l’Afrique.
Meilleur compositeur, plus de deux mille chansons à son crédit, des classiques , précurseur, inventeur des danseuses, créateur des styles, des danses etc….
Tabu Ley et la politique
Après son exil en Europe , Tabu Ley choisit la politique. Il devient ministre, député et, en 2005, vice-gouverneur de la ville de Kinshasa.
En juillet 2008, Tabu Ley est victime d’un accident vasculaire cérébral.
Tabu Ley Rochereau ne s’est jamais remis de cet AVC , il décède le 30 novembre 2013 à Bruxelles, à l’âge de 73 ans.
Des funérailles officielles auront lieu à Kinshasa.
Il a laissé un héritage musical avec plus deux mille titres à succès qui inspire tous les musiciens congolais. Sa chanson « Congo Avenir » est une véritable interpellation à la conscience collective.
Jeanclaude Mass Mombong
