Dans un entretien accordé à l’AFP, Khadar Hussein Abdi, ministre de la Présidence du Somaliland, a confirmé la volonté des autorités locales de conclure un accord stratégique avec Washington.
« Nous sommes disposés à accorder l’exclusivité aux États-Unis sur nos minerais. Nous sommes également ouverts à offrir des bases militaires », a-t-il déclaré, affichant sa confiance quant à l’aboutissement d’un compromis avec la puissance américaine.
Indépendant de fait de la Somalie depuis 1991, le Somaliland fonctionne comme un État souverain : il dispose de ses propres institutions, de sa monnaie, de ses passeports et de ses forces de sécurité. Pourtant, il ne bénéficie toujours pas d’une reconnaissance officielle par la communauté internationale.
Pour forcer le destin, Hargeisa mise sur ses richesses souterraines. Le territoire recèlerait des ressources essentielles aux industries de défense et aux hautes technologies, notamment des terres rares, du lithium et du coltan. Si l’ampleur réelle de ces réserves n’a pas encore été confirmée par des études indépendantes, le gouvernement les présente comme un argument de poids dans ses négociations géopolitiques.
Cette proposition intervient dans un contexte diplomatique en pleine mutation. En décembre 2025, Israël est devenu le premier pays à reconnaître officiellement l’indépendance du Somaliland. Selon Khadar Hussein Abdi, ce précédent historique a ouvert la voie à des discussions de haut niveau, tout en précisant que l’axe Hargeisa-Tel-Aviv ne repose pas, pour l’heure, sur des considérations sécuritaires ou militaires.
Toutefois, cette stratégie de séduction ne va pas sans heurts. Mogadiscio, qui considère toujours le Somaliland comme une province de la Somalie, a fermement dénoncé la décision israélienne. Dans cette opposition, le gouvernement somalien bénéficie du soutien de l’Union africaine et de plusieurs nations arabes.
Tenplar Ngwadi
