Le ton s’est durci de manière spectaculaire entre Washington et Kigali. Le département du Trésor américain, par le biais de son bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), a officiellement désigné les Forces de défense rwandaises (RDF) ainsi que quatre hauts responsables militaires sur sa liste noire (SDN).
Les personnalités visées par ces sanctions sont Stanislas Gashugi, Ruki Karusisi, Mubarakh Muganga (alias « MK Mubarkh ») et Vincent Nyakarundi. Tous basés dans la capitale rwandaise, ils sont accusés de contribuer activement à l’instabilité sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Pour accompagner cette mesure, l’OFAC a émis une autorisation spéciale (General License 1) permettant une période de démantèlement (« wind down ») afin de mettre fin de manière ordonnée aux transactions financières impliquant les RDF.
Pression sur le soutien au M23
Cette offensive juridique et économique intervient alors que le conflit s’intensifie dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Malgré les appels répétés de la communauté internationale au retrait et à la cessation de l’occupation, les États-Unis maintiennent leurs accusations contre le Rwanda, pointé du doigt pour son soutien logistique et opérationnel au mouvement rebelle M23/AFC.
En gelant les avoirs et en entravant les circuits de financement, Washington espère réduire la capacité d’intervention des troupes rwandaises et affaiblir les structures de soutien à la rébellion.
L’exigence d’un retrait immédiat
La position américaine est désormais sans équivoque. Dans un communiqué publié ce 2 mars 2026, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a affiché une fermeté rare : « Nous exigeons le retrait immédiat des troupes, des armes et des équipements des Forces de défense rwandaises ».
Cette décision marque un tournant dans la crise des Grands Lacs, plaçant Kigali sous une pression économique inédite pour le contraindre à respecter l’intégrité territoriale de son voisin congolais. À ce stade, ces sanctions renforcent l’isolement diplomatique des responsables militaires rwandais cités, alors que les efforts régionaux de paix peinent à se traduire par une amélioration tangible sur le terrain.
Tenplar Ngwadi
