Dans une réflexion structurée alliant rigueur juridique et réalisme politique, Me Peter Kazadi recadre les discussions qui enflamment actuellement la scène politique congolaise.
Loin d’être un simple échange d’opinions, le débat sur la Loi fondamentale est, selon lui, une question éminemment « scientifique et juridique » qui ne doit pas être redoutée.
La Constitution : Une œuvre d’« architecte » en mouvement
Pour l’ancien patron de la sécurité territoriale, la Constitution est le « reflet d’un équilibre politique et social à un moment donné de l’histoire ». À ce titre, il rejette l’idée d’un texte immuable. Il compare d’ailleurs le constitutionnaliste à un « véritable architecte » : celui-ci doit concevoir l’édifice institutionnel en fonction des besoins des citoyens tout en respectant les normes techniques de l’État de droit.
« Le droit constitutionnel est le droit qui organise et canalise les rapports de forces politiques au sein d’une société », souligne-t-il, affirmant que les évolutions constitutionnelles traduisent souvent la volonté d’une majorité politique cherchant à convaincre la nation du bien-fondé de ses options.
Une mise au point face à Modeste Bahati
Me Peter Kazadi n’a pas manqué de réagir aux récentes prises de position du Sénateur Modeste Bahati. Selon lui, les propos de ce dernier ne sont que « l’expression d’un point de vue politique personnel » et ne sauraient être assimilés à une analyse doctrinale rigoureuse. Il appelle ainsi à distinguer l’opinion politique de la démarche scientifique des constitutionnalistes, nourrie par l’expérience comparée des systèmes.
Le peuple comme dernier rempart (Article 5)
Face aux inquiétudes de l’opposition et d’une partie de la société civile, le député national rappelle une garantie constitutionnelle majeure : l’article 5 de la Constitution de la RDC. Il insiste sur le fait que la souveraineté appartient au peuple, qui l’exerce notamment par voie de référendum.
« Ce mécanisme permet au peuple souverain de trancher, à la lumière des arguments et des visions présentés », explique-t-il. Pour Me Peter Kazadi, le débat doit donc se poursuivre de manière inclusive pour permettre l’émergence d’une « opinion majoritaire éclairée ».
En conclusion de son plaidoyer, l’ancien VPM invite la classe politique et la société congolaise à aborder cette question avec « sérénité, responsabilité et respect mutuel ». Pour lui, le dialogue constitutionnel, loin de diviser, doit servir l’intérêt supérieur de la Nation et répondre aux aspirations profondes des Congolais.
Tenplar Ngwadi
