Le paysage médiatique et culturel de la République démocratique du Congo est en deuil. Pepitho Ngudie Kulondi, figure historique de la télévision nationale et bâtisseur de la scène culturelle, s’est éteint le mercredi 14 janvier dernier à Kinshasa à l’âge de 59 ans.
Il avait fait de la télévision un espace de parole et du théâtre un lieu de rigueur. Pepitho Ngudie Kulondi, visage emblématique de l’émission « Libala ya bosembo » sur la RTNC, est décédé des suites d’une maladie. Marié et père de six enfants, ce professionnel accompli laisse derrière lui l’image d’un homme pour qui la culture était une architecture à penser et à administrer.
Né à Kinshasa le 27 décembre 1965, Pepitho Ngudie Kulondi appartenait à cette génération de cadres formés à l’Institut national des arts (INA). Diplômé en animation culturelle, option administration et gestion des entreprises culturelles, il avait compris très tôt que les idées avaient besoin de structures solides pour s’épanouir.
Sa carrière, entamée sous les projecteurs de Télé-Zaïre 2 en 1996, l’a mené à travers toutes les strates de l’audiovisuel public. Tour à tour producteur, réalisateur et animateur, il avait été nommé en 2023 directeur des programmes et productions de la RTNC, une consécration pour ce serviteur de l’État qui connaissait les moindres rouages de la « Maison nationale ».
Le témoignage d’un compagnon de route
L’annonce de sa disparition a suscité une vive émotion, notamment chez ses pairs. Jean-Claude Mass Mombong, journaliste et directeur général de La Gazette du Continent, a rendu un vibrant hommage à celui qu’il considérait comme un « ami et frère ».
« À soixante ans, ce grand monsieur a de quoi être fier du chemin parcouru. Il s’est taillé une place de choix dans la télévision congolaise avec ses émissions, pourtant fortement concurrencées. Son émission « Libala ya Bosembo » est l’émission préférée des Congolais », a témoigné Jean-Claude Mass Mombong. Se remémorant leurs années de jeunesse, il rappelle que si l’un rêvait de politique, Pepitho, lui, ne jurait que par les planches, écrivant sa première pièce, Drôles de fiançailles, dès 1981 alors qu’il n’était qu’en 4ème littéraire.
Un acteur pluridisciplinaire
Au-delà de la lucarne, Pepitho Ngudie Kulondi était un véritable homme-orchestre de la culture. Vice-président national du Corps des animateurs culturels du Congo et président honoraire de l’Union des journalistes culturels du Congo, il multipliait les casquettes : poète, dramaturge, scénariste, metteur en scène et maître de cérémonies.
« Avec son appétit tranquille et son ambition policée, Pepitho Ngudie Kulondi reste un garçon humble, affable et courtois », souligne Jean-Claude Mass Mombong, saluant également le « père aimant qui veillait à la bonne ordonnance de sa famille ».
En disparaissant, celui qui fut un trait d’union entre les arts vivants et l’institution audiovisuelle laisse un vide immense au sein de la RTNC et du monde des médias congolais. Il restera comme ce « passeur » infatigable, convaincu que la culture ne s’improvise pas, mais se travaille avec discipline et passion.
La Gazette du Continent
