Le climat politique se crispe au sein de la chambre haute du Parlement congolais. Le sénateur Dany Kabongo Bondanya a officiellement annoncé, le jeudi 5 mars 2026, le lancement d’une motion de défiance visant Modeste Bahati Lukwebo, deuxième vice-président du Sénat et figure majeure du présidium de l’Union sacrée de la nation.
« Un problème d’hommes, pas de textes »
L’origine de cette fronde remonte aux déclarations fracassantes de Modeste Bahati Lukwebo le 4 mars dernier. S’exprimant publiquement sur le débat qui agite la classe politique, l’autorité morale de l’AFDC-A a marqué son opposition catégorique à tout changement ou révision de la Constitution de la République démocratique du Congo.
Selon lui, le pays ne souffre pas d’un problème de cadre juridique, mais plutôt d’un manque d’application des textes par les responsables. Qualifiant le débat actuel de « faux », il a appelé la classe politique à se concentrer prioritairement sur les besoins sociaux de la population.
Un « manque de respect » envers Félix Tshisekedi
Ces propos ont immédiatement suscité une réaction vive au sein de la majorité parlementaire. Pour l’initiateur de la motion, Dany Kabongo Bondanya, cette sortie médiatique constitue un « manque de respect » flagrant envers le président Félix Tshisekedi, autorité morale de l’Union sacrée et initiateur de la coalition au pouvoir.
Le sénateur Kabongo Bondanya estime que, compte tenu de son rang au bureau du Sénat et de ses responsabilités au sein du présidium de la coalition, Modeste Bahati Lukwebo aurait dû consulter le chef de l’État avant d’exprimer une position aussi tranchée sur un sujet de souveraineté.
Cette initiative parlementaire, qui intervient dans la dernière ligne droite avant la session de mars, place le deuxième vice-président du Sénat dans une position délicate et pourrait fragiliser la cohésion au sein de la famille politique du président de la République.
Tenplar Ngwadi
