Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 4 mars 2026 au siège de son parti, l’AFDC-A, Modeste Bahati Lukwebo a passé en revue les dossiers brûlants de la crise sécuritaire qui secoue l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
L’ancien président de la chambre haute a tenu à marquer son appui aux initiatives diplomatiques en cours, citant nommément le processus de Washington, axé sur le différend entre Kinshasa et Kigali, ainsi que les pourparlers de Doha, sous médiation qatarie, visant à résoudre le conflit avec la rébellion de l’AFC/M23.
Saluant la « diplomatie agissante » du président Félix Tshisekedi, ce haut cadre de la majorité présidentielle s’est particulièrement réjoui des récentes sanctions imposées par les États-Unis aux Forces de défense rwandaises (FDR) et à quatre de leurs officiers supérieurs. Pour Lukwebo, ces mesures marquent une rupture par leur dimension institutionnelle.
« C’est déjà un pas, sûrement que les sanctions seront graduelles. La particularité, c’est que cette fois-ci, ça ne frappe pas seulement des personnes ou des commandants, ça frappe aussi une personne morale : l’armée rwandaise elle-même », a-t-il souligné, précisant que des restrictions opérationnelles allaient désormais peser sur l’institution militaire du pays voisin.
Cependant, derrière le soutien aux processus de paix, Modeste Bahati Lukwebo a exprimé une vive inquiétude concernant les appels au cessez-le-feu. Pour lui, la cessation des hostilités ne doit pas se traduire par une acceptation tacite de l’occupation territoriale par l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda.
« Lorsque l’on observe le cessez-le-feu, chaque camp garde sa position. Or, aujourd’hui, une bonne partie de notre territoire national au Nord et Sud-Kivu est occupée et administrée par l’AFC/M23 », a-t-il martelé. Selon l’autorité morale de l’AFDC-A, prôner le statu quo dans ces conditions reviendrait à soutenir une « partition de fait » ou une « balkanisation » du pays. Il appelle donc à une pression internationale accrue pour l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, laquelle exige le retrait total des troupes rwandaises du sol congolais.
Cette sortie médiatique intervient dans un climat d’incertitude. Malgré l’implication personnelle du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington matérialisée par l’entérinement d’accords par Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sur le front peine à évoluer positivement.
Sur le terrain, la méfiance persiste : Kinshasa et Kigali continuent de s’échanger des accusations de violations d’engagements. Parallèlement, les discussions de Doha, censées traiter des racines profondes du conflit et de la réintégration des groupes armés, semblent s’enliser. Entre les avancées diplomatiques de papier et une réalité sécuritaire toujours précaire, le chemin vers une stabilité durable dans l’Est demeure semé d’embûches.
Tenplar Ngwadi
