Le sénateur Modeste Bahati Lukwebo a officiellement déposé, ce mercredi 18 mars, sa démission du poste de deuxième vice-président du Sénat de la République démocratique du Congo (RDC). Une décision qui intervient alors que le climat politique s’était considérablement durci autour de sa personne au sein de la chambre haute.
Dans une lettre consultée par La Gazette du Continent et adressée au président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, l’élu du Sud-Kivu a justifié son retrait par une volonté d’apaisement. « À la suite du climat politique actuel et pour préserver la sérénité des travaux au sein de notre prestigieuse institution, j’ai décidé de remettre mon mandat de deuxième vice-président à la disposition du Bureau », a écrit celui que l’on surnomme l’élu des élus de l’est du pays.
Le départ de Modeste Bahati Lukwebo ne doit rien au hasard. Sa démission a été enregistrée le jour même où le Sénat s’apprêtait à mettre en place une commission spéciale chargée d’examiner une pétition visant sa déchéance. Déposée le lundi 16 mars, cette procédure de destitution avait recueilli un soutien massif : 83 signatures sur les 109 sénateurs que compte la chambre des Sages. Face à une majorité écrasante réclamant son départ, la position du deuxième vice-président était devenue pratiquement intenable.
Pour sa première sortie publique depuis l’annonce de sa démission, l’autorité morale de l’AFDC-A a tenu à clarifier sa position politique afin de dissiper tout malentendu. Bahati Lukwebo a réaffirmé sa loyauté indéfectible au président de la République, Félix Tshisekedi, ainsi que son attachement à l’Union Sacrée, la plateforme présidentielle.
Le sénateur a également exprimé ses regrets face aux « incompréhensions » nées de ses récents propos sur la révision constitutionnelle, sujet particulièrement sensible dans l’arène politique congolaise actuelle. En choisissant la voie de la démission avant le vote de la pétition, Modeste Bahati Lukwebo semble vouloir préserver son avenir politique tout en évitant une crise institutionnelle prolongée au sommet de la chambre haute.
Tenplar Ngwadi
