L’Église catholique de la République démocratique du Congo (RDC) traverse une zone de turbulences internes. Mgr Emmanuel Kasanda, évêque de Mbuji-Mayi, se retrouve à ce jour au centre d’une vive polémique, visé par de graves accusations portées par certains de ses pairs. Ces derniers lui reprochent une « incohérence grave » et un alignement jugé excessif sur le pouvoir actuel.
Le point de rupture semble être sa lettre publique datée du 23 février dernier. Ce document est qualifié par ses détracteurs de « trahison de la collégialité épiscopale », marquant une fracture au sein du corps ecclésiastique congolais.
Les griefs formulés à l’encontre de Mgr Kasanda sont multiples et touchent à l’essence même de sa mission. Il lui est notamment reproché une volonté présumée d’imposer un « leadership kasaïen » au sein de l’Église, une démarche perçue comme étant au mépris de l’Évangile et de la fonction prophétique de l’institution.
Certains de ses confrères dénoncent également une « instrumentalisation politique des réseaux sociaux », visant, selon eux, à servir des intérêts partisans plutôt que le message spirituel.
L’autre pan de la critique porte sur la cohérence historique du prélat. Ses pairs pointent du doigt son silence observé durant les 18 années du régime de Joseph Kabila, contrastant avec ses prises de position actuelles.
Pour ses détracteurs, cette attitude et sa proximité affichée avec les autorités en place témoignent d’une complicité qui fragilise l’unité de l’épiscopat. Dans un climat déjà tendu, ces accusations de tribalisme et d’incohérence ébranlent l’image d’une Église traditionnellement perçue comme un contre-pouvoir moral en RDC.
Tenplar Ngwadi
