Le Président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé sa vive préoccupation et condamné avec la plus grande fermeté l’attaque par drones menée contre l’aéroport de Kisangani, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Cette opération, revendiquée par le mouvement armé AFC/M23, marque une nouvelle étape dans l’escalade du conflit.
Une violation grave du droit international
Pour le diplomate djiboutien à la tête de la Commission, cette attaque dirigée contre une infrastructure aéroportuaire au cœur d’un centre urbain majeur constitue une violation flagrante du droit international humanitaire. Mahmoud Ali Youssouf a rappelé l’exigence de respecter les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution.
En l’absence de preuves démontrant le caractère strictement militaire de la cible, l’UA souligne que l’aéroport de Kisangani conserve sa présomption de bien civil et doit bénéficier d’une protection intégrale.
La menace d’une qualification de terrorisme
S’appuyant sur les instruments juridiques de l’organisation, notamment la Convention de l’OUA de 1999 sur la prévention et la lutte contre le terrorisme, Mahmoud Ali Youssouf a estimé que cette attaque est susceptible de relever de la qualification d’acte terroriste.
Le Président de la Commission a réaffirmé qu’aucune justification politique ou militaire ne saurait légitimer des actes mettant en danger des civils ou des infrastructures civiles. Il a également prévenu que de tels agissements engagent la responsabilité pénale individuelle de leurs auteurs et de leurs commanditaires devant la justice internationale.
L’Union africaine s’inquiète particulièrement de l’extension du théâtre des hostilités à des villes éloignées des lignes de front. Selon Mahmoud Ali Youssouf, cet élargissement représente un facteur majeur d’escalade, pesant lourdement sur la stabilité nationale et régionale, tout en aggravant une situation humanitaire déjà critique dans l’est du pays.
Face à cette dégradation, le Président de la Commission a appelé l’AFC/M23 à cesser immédiatement les hostilités et à renoncer aux méthodes de guerre indiscriminées.
Pour sortir de l’impasse, l’UA exhorte toutes les parties à mettre en œuvre, sans délai et de bonne foi, l’Accord de Doha. Ce dernier est considéré comme le socle essentiel pour obtenir un cessez-le-feu effectif et amorcer un retour au dialogue politique.
Enfin, Mahmoud Ali Youssouf a réitéré l’attachement indéfectible de l’Union africaine à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC, assurant que l’organisation continuera de soutenir toutes les initiatives visant à restaurer la paix et la sécurité dans la région, en coordination avec les mécanismes internationaux.
Tenplar Ngwadi
