C’est au Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale que le chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi a lancé ce lundi 02 mars, les travaux de ce forum stratégique, placé sous le thème : « Le renforcement du rôle de l’autorité coutumière, gage de la stabilité, du développement, de la sécurité et de la cohésion des communautés en République Démocratique du Congo ».
Pour Félix-Antoine Tshisekedi, ce choix n’est pas fortuit : il traduit la nécessité de structurer un pouvoir traditionnel capable de prévenir les conflits et d’enraciner le développement.

Le président congolais a profité de cette tribune pour dénoncer fermement les tentatives de déstabilisation dans l’Est du pays. Il a pointé du doigt les forces d’agression rwandaise qui tentent de substituer aux chefs coutumiers légitimes des individus imposés, étrangers aux réalités locales. « Aucune puissance, aucun groupe armé, aucune administration parallèle, ne pourrait effacer nos lignages. Les terres de nos ancêtres ne sont pas des terrains de manœuvres géopolitiques », a martelé le Chef de l’État, réaffirmant l’inviolabilité des autorités traditionnelles face aux menaces extérieures.

De son côté, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a souligné que cette rencontre s’inscrit dans la vision présidentielle de transformer les entités coutumières en « premier pôle de développement à la base ». L’objectif est clair : faire des autorités coutumières des partenaires stratégiques de l’État, tant pour la promotion de la paix que pour la gestion quotidienne des communautés.
Au-delà des enjeux sécuritaires, le Forum national des affaires coutumières se veut un espace de réflexion technique et d’orientation stratégique. Les travaux visent notamment à établir une base de données actualisée des entités coutumières et de leurs animateurs reconnus, ainsi qu’à élaborer une véritable politique nationale pour ce secteur.

Pendant plusieurs jours, experts et chefs traditionnels plancheront sur cinq thématiques majeures : la décentralisation et le développement local ; la gouvernance coutumière et sécuritaire ; le statut du chef coutumier et l’intégration des peuples autochtones pygmées ; l’harmonisation des stratégies transversales ; et enfin, l’apport essentiel des femmes et des jeunes au sein de ces structures ancestrales. Une étape jugée cruciale pour moderniser la gouvernance coutumière tout en préservant l’identité culturelle de la RDC.
Tenplar Ngwadi
