La lutte contre le pillage des ressources minérales en République démocratique du Congo entre dans une phase active. Autour du Vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur et de la Décentralisation, Jacquemain Shabani, et du ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, la Commission de lutte contre la fraude minière a tenu ce mardi 24 février 2026, une réunion d’évaluation déterminante.
Ce rendez-vous a été marqué par la présence de Raphaël Kabengele, récemment nommé Inspecteur général des mines par le chef de l’État. Cette figure clé de la surveillance du secteur est désormais en première ligne pour superviser l’exécution d’une feuille de route ambitieuse visant à assainir les zones d’extraction.

Un premier bilan sur le terrain
La rencontre a permis de passer en revue les avancées enregistrées depuis l’adoption de la stratégie nationale en fin d’année dernière. Sur le terrain, les premiers résultats sont déjà visibles : plusieurs entités de traitement ne répondant pas aux normes et dont les sources d’approvisionnement demeuraient opaques ont été identifiées et fermées.
Parallèlement, un vaste travail de cartographie a permis de recenser l’ensemble des coopératives ainsi que les Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA) auxquelles elles sont officiellement rattachées.
Toutefois, malgré ces progrès, le gouvernement reconnaît que des efforts intensifs restent nécessaires pour contrer des défis structurels persistants.

Traquer la « fausse » exploitation artisanale
Au cœur des échanges a figuré la problématique complexe des exploitations illégales. Ces réseaux opèrent souvent sous le couvert de l’artisanat minier pour masquer des activités à grande échelle, caractérisées par l’envahissement de sites déjà concédés et l’utilisation irrégulière d’engins lourds.
Pour la Commission, il est impératif de ne plus confondre ces pratiques frauduleuses avec les activités des véritables exploitants artisanaux et des coopératives en règle. Ces dernières, piliers de l’économie locale, ont vocation à être protégées et encadrées par les autorités.

Vers un plan d’action offensif
L’issue de cette réunion marque un tournant vers plus de fermeté. Un plan d’action « offensif et coordonné » a été officiellement arrêté. Dans les prochains jours, des opérations concrètes seront lancées pour sécuriser les opérateurs légaux et renforcer durablement les mécanismes de contrôle. Ce déploiement vise avant tout à restaurer l’autorité de l’État dans un secteur vital pour l’économie congolaise, en s’appuyant sur une coordination accrue entre le ministère de l’Intérieur, celui des Mines et l’Inspection générale dirigée par Raphaël Kabengele.
Tenplar Ngwadi
