Interpellation et arrestation des certaines personnalités et des officiers supérieurs et généraux. La Voix des sans voix pour les droits de l’homme (VSV) souhaite que ces actions se fassent en respectant la dignité humaine. « Pour la VSV, toute personne ayant posé des actes répréhensibles peut être interpellée ou arrêtée. Le directeur exécutif de cette ONG s’est refusé d’aller au fonds de ces interpellations ou arrestations ». Le directeur exécutif de la VSV, Rostin Manketa, l’a déclaré le 29 janvier 2026 au cours d’une conférence de presse.
La VSV suit avec une grande préoccupation l’évolution de la situation politico-sécuritaire actuelle en République Démocratique du Congo (RD Congo), marquée depuis un temps notamment par des arrestations et d’interpellations en cascade des personnes par les services de sécurité principalement le Conseil National de Cyberdéfense (CNC).
La VSV est d’avis que dans n’importe quel Etat du monde quiconque est suspecté d’être en conflit avec la loi et surtout en matière de sécurité, de sûreté de l’Etat et de stabilisation des institutions peut être interpellé ou arrêté pour répondre des actes répréhensibles lui reprochés. Cependant, cela doit se faire en respectant le droit interne et les conventions et traités internationaux relatifs aux droits de l’homme. Et donc la VSV n’est pas contre les interpellations justifiées, fondées des personnes par les services de sécurité si et seulement si tout se fait dans le cadre de l’intérêt général ne frisant ainsi aucun règlement des comptes au profit des particuliers.
Pour le cas de la RD Congo, la VSV est vivement préoccupée par le fait que la plupart de ces interpellations et arrestations se font sans que la procédure en la matière ne soit respectée comme cela se ferait dans un Etat de droit. En effet, dans un Etat de droit, le droit à la liberté et le droit à la sécurité de toute personne humaine sont garantis non seulement par le droit interne notamment par la Constitution de la République Démocratique du Congo mais également par les normes internationalement reconnues dans les conventions et traités relatifs aux droits de l’homme dont la plupart ont été ratifiés par la RD Congo.
La VSV dénonce toutes formes d’interpellations ou d’arrestations frisant des enlèvements et violant la Constitution de la RD Congo ainsi que les normes internationales reconnues dans les Conventions et traités. Il est inadmissible que des personnes soient interpellées dans des conditions inhumaines, les yeux bandés parfois et gardées en détention pendant plusieurs jours voire mois sans qu’elles soient assistées par leur avocat conseil et présentées devant leur juge compétent.
De même, les autorités congolaises doivent savoir que dans certaines familles des personnes interpellées, des épouses et enfants vivent une sorte de traumatisme et de torture psychologique suite à des interpellations opérées très tard la nuit ou en pleine nuit vers 1 heure , 2 heures, 3 heures du matin sans mandat, sans que les personnes qui interpellent ne s’identifient, ne présentent un mandat, ne communiquent la destination où l’on conduit la personne interpellée faisant ainsi pleurer jours et nuits de nombreuses familles car ne sachant à quel Saint se vouer.
Parmi les personnes actuellement interpellées, il y a des personnalités qui ont occupé de hautes fonctions en RD Congo et qui pouvaient tout simplement être invitées en bonne et due forme de manière civilisée en cas des faits sérieux à leur charge. Rien ne justifie leur interpellation en pleine nuit pour les unes et après divers subterfuges pour les autres pendant la journée comme des vulgaires malfrats.
Il y a lieu de relever que la VSV est aussi vivement préoccupée par de nombreuses informations faisant état d’interpellation ou d’arrestation des officiers généraux, supérieurs, etc. qui sont en détention actuellement en RD Congo. La VSV demande aux autorités congolaises de tout mettre en œuvre pour leur présentation devant leurs juridictions compétentes respectives en garantissant leur droit à la défense.
Pour la VSV, il est plus que temps d’humaniser les conditions d’interpellation ou d’arrestation. Humaniser ces conditions, c’est respecter l’Etat de droit, c’est entre autres de mettre fin aux interpellations aux heures indues quel que soit le motif ou le présumé fait mis à charge de la personne ; de présenter un mandat judiciaire à la personne avant son arrestation ou son interpellation ; d’inviter les personnes en bonne et due forme pour répondre des faits répréhensibles leur reprochés ; de respecter le délai constitutionnel de la garde à vue qui est de 48 heures ; d’informer immédiatement toute personne arrêtée du motif de son arrestation ; et de respecter la présomption d’innocence, etc.
La Gazette du Continent
