En l’espace de quelques jours, la Générale des carrières et des mines (Gécamines) a franchi une étape décisive dans sa stratégie de reconquête du secteur minier congolais.
À travers deux accords stratégiques conclus avec le géant anglo-suisse Glencore, l’entreprise publique de la République démocratique du Congo s’apprête à augmenter significativement son offre de vente de cuivre et de cobalt, renforçant ainsi son poids dans le trading de minerais.
Ces accords concernent la Kamoto Copper Company (KCC), une joint-venture détenue à 70 % par Glencore et à 30 % par la Gécamines. Le premier volet de ce rapprochement a été scellé en marge du Mining Indaba de Cape Town, tenu du 9 au 12 février 2026. Il octroie à la Gécamines le droit de commercialiser elle-même la part de production lui revenant, soit 30 % de la production totale de KCC.
Le second accord, annoncé le 18 février dernier, vise à libérer le potentiel productif du site. En garantissant à KCC un accès à de nouvelles terres, ce contrat doit permettre d’améliorer l’efficacité des infrastructures clés. Selon Mark Davis, directeur des opérations de Glencore pour la région Cuivre Afrique, l’objectif est d’atteindre une production de cuivre d’environ 300 000 tonnes par an sur le long terme (contre moins de 200 000 tonnes actuellement) et de prolonger la durée de vie de la mine jusqu’au milieu des années 2040.
Pour la Gécamines, les retombées sont concrètes : elle pourra désormais compter sur environ 90 000 tonnes de cuivre par an, complétées par une part significative de cobalt. Si Glencore privilégie actuellement le cuivre pour 2026 et 2027, le géant minier prévoit, dès 2028, de commercialiser la quasi-totalité de sa production de cobalt, qui dépasse généralement les 30 000 tonnes à KCC.
Cette montée en puissance illustre le nouveau positionnement de la Gécamines, qui s’immisce désormais sur le segment du trading, autrefois réservé à ses partenaires étrangers. L’entreprise publique multiplie les initiatives similaires : elle a récemment obtenu le droit de commercialiser sa part de production (20 %) au sein de Tenke Fungurume Mining (TFM), contrôlée par le chinois CMOC, qui produit plus de 400 000 tonnes de cuivre par an.
Enfin, la Gécamines est en discussions avancées avec le canadien Ivanhoe Mines pour le projet de zinc de Kipushi. Bien qu’elle n’y détienne que 38 % des parts, l’entreprise publique ambitionne de commercialiser jusqu’à 50 % de la production du site, dont les prévisions pour 2026 oscillent entre 240 000 et 290 000 tonnes de concentré de zinc. Avec ces mouvements coordonnés, le fleuron minier congolais entend bien redevenir un acteur incontournable du marché mondial des métaux de la transition énergétique.
Tenplar Ngwadi
