Le président français Emmanuel Macron a confirmé, ce jeudi 30 octobre 2025 à Paris, la réouverture prochaine de l’aéroport international de Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Une décision motivée, selon l’Élysée, par la nécessité de faciliter les vols humanitaires à destination d’une région durement touchée par la crise sécuritaire.
L’annonce a été faite à l’issue d’une rencontre entre Emmanuel Macron et son homologue congolais Félix Tshisekedi, en présence du président togolais Faure Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine pour la région des Grands Lacs. Le chef de l’État français a également indiqué la mise en place de corridors humanitaires depuis le Burundi, afin d’assurer l’acheminement de l’aide aux populations déplacées.
Paris a salué les efforts des organisations présentes sur le terrain et rendu hommage aux humanitaires tués dans l’Est de la RDC depuis le début de l’année. Douze d’entre eux auraient perdu la vie, selon les chiffres communiqués par les autorités françaises.

Cette annonce intervient alors que la situation humanitaire dans la province du Nord-Kivu demeure préoccupante, malgré la reprise de certaines zones par les forces loyalistes. Plusieurs localités restent difficiles d’accès, tandis que les affrontements entre l’armée congolaise (FARDC) et les rebelles de l’AFC/M23 persistent dans plusieurs territoires.
Dans un communiqué daté du 30 octobre, l’Alliance Fleuve Congo/M23 a jugé « inopportune » la décision de la France. Le mouvement estime qu’une telle initiative ne devrait intervenir qu’à l’issue des négociations de paix menées à Doha sous médiation qatarienne, avec l’appui des États-Unis et de l’Union africaine.
Le M23 dénonce en outre des « attaques répétitives de drones » de l’armée congolaise contre des cibles civiles, affirmant que ces opérations auraient détruit plusieurs avions humanitaires dans les zones de Walikale et Minembwe. Il accuse également Kinshasa d’avoir fermé l’espace aérien au-dessus des territoires sous son contrôle.
Dans son communiqué, le mouvement rebelle affirme que « les déplacés de guerre ont regagné leurs milieux d’origine » et qu’« il n’existe plus d’urgence humanitaire dans la région libérée ». Il appelle la France à ne pas « tomber victime des lobbies humanitaires » et à éviter toute position susceptible de « raviver le souvenir douloureux du passé colonial ».
Interrogé à Kinshasa, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a tenu à préciser que toute réouverture de l’aéroport de Goma se ferait « exclusivement sur autorisation des autorités congolaises » et concernerait « uniquement des vols humanitaires opérés en journée ». Il a dénoncé « l’agitation du père et du fils », en allusion au Rwanda et au M23, et a salué l’appui des partenaires présents à Paris.
Patrick Muyaya Katembwe a réaffirmé « l’engagement du président Félix Tshisekedi pour la paix et la justice dans l’est du pays », soulignant que « la voix du Congo a été entendue à Paris et à Bruxelles ». Selon lui, la relance des opérations humanitaires via Goma s’inscrit dans une dynamique de solidarité internationale, indispensable à la stabilisation de la région.
Magloire Mutulwa
