À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes célébrée le 8 mars, l’organisation Journalistes pour les Droits Humains / Journalists for Human Rights (JDH/JHR) en République démocratique du Congo appelle les autorités, les institutions publiques, les médias et l’ensemble des acteurs de la société à renforcer leur engagement en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Dans un communiqué publié ce samedi 7 mars à Kinshasa et dont une copie est parvenu à la Gazette du Continent, l’organisation souligne que, malgré certaines avancées observées ces dernières années, les femmes restent largement sous-représentées dans les institutions politiques et dans les espaces de prise de décision en RDC.
JDH/JHR-RDC rappelle que l’article 14 de la Constitution congolaise consacre le principe de parité entre les femmes et les hommes. L’organisation évoque également la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui reconnaît la nécessité d’une participation équitable des femmes dans la gestion des affaires publiques et dans les processus de paix. Elle appelle ainsi à l’application effective de ces engagements afin de garantir une représentation plus équilibrée dans les institutions et les structures de gouvernance.
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants, notamment dans l’Est de la RDC, l’organisation estime que la participation des femmes dans les initiatives de paix, de médiation et de résolution pacifique des conflits demeure essentielle pour construire une paix durable et inclusive.
Le communiqué attire également l’attention sur les défis auxquels font face les femmes journalistes. Selon JDH/JHR-RDC, bien qu’elles contribuent activement à l’information du public et au renforcement de la démocratie, elles restent encore sous-représentées dans les postes de responsabilité au sein des médias et sont parfois confrontées à des discriminations ou à des formes de harcèlement dans l’exercice de leur métier.
L’organisation appelle ainsi les responsables des médias à promouvoir davantage le leadership des femmes journalistes et à garantir des conditions de travail sûres et équitables.
Au-delà du secteur médiatique, JDH/JHR-RDC rappelle que les femmes et les filles demeurent particulièrement exposées aux violences et aux inégalités, notamment dans les zones affectées par les conflits. Elle plaide pour un renforcement de la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre, ainsi que pour un meilleur accès à la justice, à l’éducation et aux opportunités d’autonomisation.
Les données internationales récentes confirment la lente progression de la représentation des femmes dans les espaces de pouvoir. Selon l’Union interparlementaire et ONU Femmes, les femmes occupaient environ 26,9 % des sièges dans les parlements nationaux dans le monde au 1er janvier 2025, tandis que 28 pays sur 193 sont dirigés par une femme en tant que cheffe d’État ou de gouvernement. La proportion de femmes ministres s’établit autour de 23 %, souvent concentrées dans des portefeuilles sociaux tels que l’éducation ou la famille.
En Afrique, la représentation parlementaire féminine se situe autour de 26 % en 2024, contre 25 % en 2021, ce qui traduit une progression jugée lente par plusieurs organisations internationales. En République démocratique du Congo, la part des femmes au sein du gouvernement est passée de 23 % à 32 % en 2025, selon des données relayées par ONU Femmes.
Dans le secteur médiatique, la sous-représentation demeure également marquée. D’après le Projet mondial de monitorage des médias (GMMP 2025), les femmes ne représentent qu’environ 25 % des personnes citées ou évoquées dans l’actualité à la télévision, à la radio et dans la presse écrite. Elles ne constituent également qu’un quart des experts sollicités dans les médias.
Le rapport souligne par ailleurs que, bien que les femmes soient nombreuses dans les rédactions, elles n’occupent que 22 % à 27 % des postes de direction dans les grands groupes de presse internationaux. Certaines tendances observées en 2025 indiquent même un léger recul de la présence féminine sur les plateaux de télévision par rapport aux niveaux atteints en 2024.
Plusieurs facteurs structurels expliquent ces écarts persistants, notamment le phénomène du plafond de verre, qui limite l’accès des femmes aux postes de direction, ainsi que la persistance de stéréotypes de genre dans les médias. Les violences politiques et le harcèlement, notamment en ligne, constituent également des obstacles importants qui dissuadent certaines femmes de s’engager dans la vie publique.
Magloire Mutulwa
