La situation des droits humains et de la crise humanitaire en République démocratique du Congo (RDC) a continué de se détériorer en 2025, particulièrement dans les provinces de l’Est.
Les combats entre les forces armées congolaises et leurs alliés Wazalendo, d’une part, et le groupe rebelle AFC/M23, soutenu par le Rwanda, d’autre part, ont provoqué la mort de milliers de civils et accentué le chaos dans des villes comme Goma, prise fin janvier, et Bukavu, tombée mi-février. C’est ce que révèle, Human Rights Watch (HRW) dans son Rapport mondial 2026, publié début février.
Parmi les violences documentées figurent meurtres, violences sexuelles, recrutements forcés d’enfants et exécutions sommaires, imputables à toutes les parties au conflit. Les attaques menées par les Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées à l’État islamique, ont également multiplié les victimes dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri.
À Kinshasa, la répression contre l’opposition, les médias et la société civile s’est intensifiée, avec notamment la condamnation à mort par contumace de l’ancien président Joseph Kabila pour trahison présumée, ce qui limite l’espace civique et accroît l’incertitude politique dans le pays.
Dans l’Est, le M23 a imposé un contrôle violent sur plusieurs villes, combinant bombardements indiscriminés, violences sexuelles et déplacements forcés de populations. Les milices Wazalendo et certaines unités de l’armée congolaise ont également commis des abus, en particulier contre les Banyamulenge du Sud-Kivu, générant un climat de peur permanent.
Cette crise a entraîné des déplacements massifs : près de 5,7 millions de Congolais ont quitté leurs domiciles, tandis que des dizaines de milliers de réfugiés ont fui vers les pays voisins. L’accès humanitaire a été fortement restreint, laissant de nombreuses familles vulnérables face aux pénuries alimentaires et sanitaires.
À l’échelle internationale, plusieurs initiatives ont été lancées, notamment des sanctions américaines contre certains responsables de groupes armés et des accords avec le Rwanda pour tenter de stabiliser la région. Toutefois, l’impunité reste préoccupante et les enquêtes tardent, laissant les victimes sans garanties de justice.
L’ensemble de ces faits souligne la fragilité du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où civils, médias et acteurs de la société civile vivent quotidiennement sous la menace de violences armées. La combinaison de conflits armés, de déplacements massifs et de restrictions politiques met en évidence l’urgence d’une réponse coordonnée. Bien que plusieurs initiatives de médiation pour mettre fin à la crise dans cette partie orientale du pays sont à l’oeuvre, la crise n’a pas encore dit son dernier mot.
La Gazette du Continent
