Face à l’escalade des tensions au Nord-Ubangi, le gouvernement congolais a décidé de passer à l’offensive sécuritaire. Mercredi 5 mars 2026, le vice-Premier ministre en charge de la Défense nationale, Guy Kabombo Muadiamvita, a instruit un redéploiement immédiat des forces armées dans la région. Cette décision intervient après un rapport alarmant transmis par le gouverneur provincial lors d’une rencontre à Kinshasa.
La situation sur le terrain est jugée préoccupante par les autorités locales. Plus de 3 000 éleveurs Mbororo, accompagnés d’un cheptel estimé à près de 30 000 têtes de bétail, sont accusés de multiplier les exactions dans plusieurs agglomérations. Outre l’accaparement d’espaces agricoles et la destruction répétée des champs, ces nomades sont impliqués dans de multiples incidents violents qui exacerbent la colère des communautés locales, déjà éprouvées par une conjoncture économique difficile.
Le climat d’insécurité a franchi un nouveau palier avec le meurtre récent d’un jeune homme de 23 ans, mortellement poignardé lors d’une altercation avec un éleveur Mbororo. Ce drame a accru l’inquiétude des populations et précipité l’intervention du pouvoir central.
La réponse de Kinshasa s’est organisée dès le mardi précédent lors d’une réunion d’urgence réunissant plusieurs responsables du Gouvernement central et de l’exécutif provincial du Nord-Ubangi. Au-delà du volet strictement militaire pour restaurer l’ordre, Guy Kabombo Muadiamvita a souligné la gravité du dossier. Le vice-Premier ministre estime que l’ampleur de la crise nécessite une saisine directe du chef de l’État, Félix Tshisekedi, afin que la question soit traitée au plus haut niveau de l’État.
L’objectif affiché par ce redéploiement est clair : mettre fin à l’insécurité et protéger les citoyens face à une pression migratoire pastorale de plus en plus conflictuelle dans cette partie du pays.
Tenplar Ngwadi
