La prison centrale d’Idiofa, dans la province du Kwilu en République Démocratique du Congo, est au cœur de la tourmente. Le lundi 23 février 2026, sept détenus sont parvenus à s’évader, non sans un certain panache, après avoir forcé un mur sommairement construit en tôles.
Le manque criant de personnel de surveillance, avec un seul policier présent au moment des faits, a facilité leur fuite. Si l’un des évadés a été appréhendé le jour même, les six autres restent en cavale.
Cette évasion met une nouvelle fois en lumière la faiblesse du dispositif sécuritaire et l’état de délabrement généralisé de la prison. La société civile locale, par la voix de son coordonnateur Arsène Kasiama, pointe du doigt ces défaillances structurelles qui transforment l’établissement en une passoire. « Ce n’est même pas une prison », s’indigne M. Kasiama, décrivant des murs en briques remplacés par des tôles.
« Ceux qui passent une année ou deux là-bas sont des volontaires qui ne veulent pas de problème », ajoute-t-il, soulignant que les conditions sont telles que les détenus qui ne cherchent pas à fuir sont ceux qui s’accommodent le mieux de cette situation précaire.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, la situation sanitaire à l’intérieur de la prison est alarmante. Parmi les 68 détenus encore incarcérés, un prisonnier souffre d’un cas grave de paralysie et de malaria cérébrale. Privé de soins médicaux depuis plusieurs semaines, son état de santé s’aggrave jour après jour, suscitant l’indignation.
« Il y en a un qui est là-bas mourant. On a essayé de l’amener à l’hôpital, le médecin exige l’argent. Nous nous posons la question, c’est une prison ou c’est quoi au juste ? », interroge Arsène Kasiama, dénonçant l’abandon des détenus malades et l’absence de mesures adéquates, tant pour la sécurité que pour la santé.
L’état piteux de la prison centrale d’Idiofa n’est malheureusement pas un cas isolé dans la région. De nombreux établissements pénitentiaires dans les territoires du Grand Bandundu ; notamment à Bulungu, Bagata, Gungu, Kenge et Inongo, construits à l’époque coloniale, se trouvent aujourd’hui dans un état de délabrement avancé, soulevant des questions sur les conditions de détention et la capacité des autorités à garantir la sécurité et la dignité des personnes incarcérées.
La société civile locale lance un appel urgent à une « humanisation des conditions de détention » et à des mesures concrètes pour remédier à cette situation alarmante.
Tenplar Ngwadi
