En déplacement aux États-Unis, le président congolais a participé le jeudi 5 février 2026, à une table-ronde organisée par la Chambre américaine de commerce internationale. Son message est clair : la RDC est prête pour les affaires, à condition que l’investissement serve la paix.
« Congo is open for business ». C’est par ce slogan volontariste que Félix-Antoine Tshisekedi a ouvert son intervention devant un parterre de décideurs économiques et d’officiels américains à Washington. Invité par la Chambre américaine de commerce internationale, le chef de l’État congolais a profité de cette tribune pour réaffirmer l’ambition de la République Démocratique du Congo (RDC) de s’imposer comme un « pays-solution » face aux défaillances de la chaîne d’approvisionnement mondiale et aux défis climatiques.

Le pivot stratégique des minerais critiques
Au cœur du plaidoyer présidentiel : l’immense potentiel géologique du pays. Rappelant que la RDC concentre plus de 70 % du cobalt mondial, Félix Tshisekedi a également mis en avant les réserves stratégiques de cuivre, de lithium, d’étain, de tantale et de niobium. Pour Kinshasa, l’enjeu ne se limite plus à l’extraction, mais s’étend désormais à la transformation locale.
Le Président a notamment insisté sur le rôle moteur du Grand barrage d’Inga. Ce projet hydroélectrique unique, capable de fournir une énergie propre et compétitive, est présenté comme le socle indispensable à l’industrialisation du pays et à la création d’emplois massives pour la jeunesse congolaise.

Le « Couloir vert », une alternative à l’économie de guerre
L’une des pièces maîtresses de cette présentation a été le « Couloir vert Kivu-Kinshasa ». Lancé en 2025, ce projet structurant vise à transformer les zones historiquement marquées par l’instabilité en pôles de croissance économique. En misant sur l’agriculture responsable, la restauration des écosystèmes et l’écotourisme, Kinshasa entend proposer une alternative crédible à l’économie de guerre.
« Chaque dollar investi doit contribuer à la paix et à la prospérité du peuple congolais », a martelé le chef de l’État, liant ainsi étroitement sécurité nationale et attractivité économique.

Un dialogue direct avec les géants miniers
La rencontre ne s’est pas limitée aux discours protocolaires. Elle s’est clôturée par un échange direct avec des représentants de grandes multinationales déjà actives ou prospectant dans la région, à l’instar de Glencore, Mercuria, Helios Towers et Ivanhoe Mines.
Pour mener cette offensive économique, Félix Tshisekedi était accompagné d’une délégation de haut niveau, comprenant notamment le vice-Premier ministre chargé de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, et le ministre des Mines, Louis Watum. Pour Kinshasa, le partenariat avec les États-Unis et les grands acteurs industriels doit désormais servir de levier pour faire de la transition écologique un moteur de stabilité durable en Afrique centrale.
Tenplar Ngwadi
