La situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) demeure particulièrement fragile en ce début mars 2026. Les développements récents sont marqués par des mouvements stratégiques des rebelles de l’Alliance Fleuve Congo/M23 et par des opérations menées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans plusieurs zones clés.
Dans la province du Nord-Kivu, une accalmie relative est observée dans le triangle Buhimba-Kazinga-Katoy, bien que la reprise de la localité de Kazinga, dans le territoire de Masisi, par l’AFC/M23 le 4 mars 2026, ait ravivé les tensions locales. Selon Le Potentiel, cette reprise illustre la persistance des flux de combat et des mouvements de troupes dans la zone.
Par ailleurs, dans le même territoire de Masisi, des combattants de l’AFC/M23 se sont retirés des localités de Buabo et Ndete, réoccupées peu après par des milices locales Wazalendo (Actualité.cd, 6 mars 2026). Cette dynamique montre la complexité et la volatilité des rapports de force dans l’Est du pays.
Dans la province de l’Ituri, l’armée congolaise a mené une opération de sécurisation qui a conduit à la découverte d’une importante cache d’armes et de munitions sur un site minier le 5 mars 2026. Selon l’Agence Congolaise de Presse (ACP), cette saisie porterait un coup aux groupes armés locaux, notamment la coalition CRP associée à Thomas Lubanga.
La situation reste également marquée par des attaques innovantes. Le 2 mars 2026, l’aéroport de Bangoka à Kisangani a été ciblé par des drones kamikazes. Les autorités congolaises ont imputé ces attaques aux rebelles de l’AFC/M23, évoquant des représailles après la mort de leur porte-parole militaire, Willy Ngoma (YouTube/Radio Okapi, 2 mars 2026).
Sur le plan diplomatique, la situation continue d’attirer l’attention internationale. Le 3 mars 2026, les États-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions ciblant certains responsables rwandais accusés de soutenir le M23 (U.S. Department of the Treasury, 3 mars 2026), dans un contexte de tensions persistantes entre la RDC et le Rwanda.
Dans le cadre des efforts de désescalade, l’ONU prépare le déploiement d’un mécanisme de suivi du cessez-le-feu à Uvira, afin de renforcer la mise en œuvre de l’Accord de Washington. Selon Radio Okapi, le taux d’exécution de cet accord reste limité, estimé à environ 23 % plusieurs mois après sa signature, soulignant les difficultés persistantes de mise en œuvre.
Dans ce contexte, les développements militaires, sécuritaires et diplomatiques observés dans l’Est de la RDC continuent de susciter une attention soutenue de la part des autorités nationales, des partenaires régionaux et de la communauté internationale. La situation reste instable et le suivi quotidien des événements est essentiel pour évaluer l’évolution du conflit et la sécurité des populations civiles.
La Gazette du Continent
