Le débat sur la révision constitutionnelle prend corps à la base. Ce lundi 23 mars, lors d’une réunion élargie aux services de l’administration communale au sein de la maison commune de Lemba, le bourgmestre Jean-Serge Poba a clairement affiché ses couleurs. Son objectif : mobiliser ses administrés pour obtenir les 100 000 signatures nécessaires à une pétition demandant à l’Assemblée nationale de modifier la loi fondamentale.
Dans un discours volontaire, Jean-Serge Poba a justifié cette démarche par la nécessité d’offrir au chef de l’État un cadre juridique plus adapté aux défis actuels.

En tant que première commune à soutenir la vision du Chef de l’État concernant la révision de la constitution, la commune de Lemba a affiché son engagement de manière publique. Dans ce cadre, le Maire de Lemba a posé la question suivante à l’assistance : « Est-ce que c’est le bon sens que nous puissions donner au chef la marge de manœuvre pour gérer ce pays, pas comme un dictateur, mais avec une loi, avec une constitution qui lui donne la possibilité de gérer ? », a lancé devant l’assistance, Jean-Serge Poba.

Selon le bourgmestre, le bilan depuis 2019 plaide en faveur d’un renforcement du pouvoir présidentiel. Malgré la guerre et les « turbulences », il estime que Félix Tshisekedi a réussi à redonner de l’espoir aux Congolais. Cependant, pour « régler certains détails » et stabiliser le pays, notamment face aux souffrances vécues dans l’Est, le changement de la Constitution serait, selon lui, la voie de passage obligée.

Cette initiative s’inscrit dans le sillage de l’appel lancé le 14 mars dernier par l’honorable Peter Kazadi. Jean-Serge Poba a ainsi exhorté les agents publics et les citoyens présents à accompagner le mouvement pour permettre au président de « modifier ce qu’il y a à modifier ».
Le bourgmestre a également évoqué des enjeux de souveraineté, faisant allusion à la nécessité de verrouiller l’accès à la magistrature suprême : « Après lui [Félix Tshisekedi], nous aurons encore un Congolais de père et de mère. Mais pour ce faire, nous devons réguler notre Constitution. »

Le message semble avoir trouvé un écho immédiat. À l’issue de cette réunion, plus de 200 personnes présentes sur place ont apposé leur signature sur le registre de la pétition, marquant ainsi leur soutien à la démarche portée par l’autorité communale de Lemba.
Tenplar Ngwadi
