C’est un message empreint de combativité et de solennité que Constant Mutamba, ancien ministre d’État, ministre de la justice et garde des sceaux, a fait parvenir depuis son lieu de détention, le jeudi 05 février 2026.
À l’occasion de ses vœux pour l’année 2026, celui qui se présente comme le porte-étendard de l’opposition républicaine a tenu à clarifier sa position sur l’échiquier politique congolais, alors que le pouvoir évoque la tenue d’un dialogue national.
Détenu pour avoir, selon ses mots, dit « NON au système mafieux et à l’agression rwandaise », Constant Mutamba se dit porté par un soutien qui dépasse désormais les frontières de la République démocratique du Congo. Il cite notamment l’hommage de l’icône du reggae Tiken Jah Fakoly, dont le titre « MUTAMBA, tu nous rappelles LUMUMBA » a renforcé la stature du prisonnier politique. « Preuve que notre lutte de noblesse vient de traverser les frontières, les peuples, les cultures », souligne-t-il, réaffirmant sa volonté de ne pas « trahir » son combat pour la justice.
Sur le fond du débat politique, Constant Mutamba ne rejette pas la main tendue par la présidence. Il qualifie l’annonce d’un dialogue national et inclusif d’« initiative républicaine », à condition qu’elle soit sincère. Pour lui, ce forum est une opportunité de recréer la cohésion nationale à un moment critique où la RDC fait face à une « guerre d’agression rwandaise et d’occupation étrangère » dans sa partie orientale.
Cependant, le leader de l’opposition républicaine refuse de signer un chèque en blanc. En attendant la publication de la feuille de route et le choix des médiateurs, il dresse une liste de conditions non négociables.
Les trois préalables de l’opposition
Pour Constant Mutamba, la réussite de ce dialogue repose sur des actes concrets de la part du pouvoir :
- La décrispation politique : Il exige des mesures en faveur des opposants et leaders d’opinion non armés, qu’il considère comme victimes d’arrestations arbitraires et de condamnations injustes.
- La sécurité pour les exilés : Il demande des « garanties sérieuses » pour permettre le retour en toute confiance des opposants se trouvant actuellement en dehors du territoire national.
- La bonne foi : Il appelle à l’établissement de « garanties de sincérité » pour encadrer les échanges et éviter toute manipulation.
En posant ces jalons, Constant Mutamba place le curseur de la crédibilité du futur dialogue sur la volonté du régime de libérer l’espace politique.
Tenplar Ngwadi
