En République démocratique du Congo, le débat sur la révision constitutionnelle vient de franchir une nouvelle étape. Christophe Mboso N’Kodia, deuxième vice-président de la chambre basse du Parlement et président de la Convention pour la République et la Démocratie (CRD), s’est exprimé sans détour sur la nécessité de doter le pays d’un nouveau texte avant les prochaines échéances électorales.
« Je suis pour le changement de la constitution. Les élections de 2028 se feront avec une nouvelle constitution », a-t-il déclaré, alignant ainsi sa position sur celle de la mouvance présidentielle.
Ce positionnement n’est pas une surprise, mais il vient confirmer une volonté politique exprimée dès novembre 2024 par le chef de l’État lui-même. Félix Tshisekedi avait alors affirmé que l’actuelle Constitution, adoptée en 2006 à la suite des accords de paix, présentait une faille d’origine majeure : celle d’avoir été « rédigée par des étrangers ».
Si ce projet de réforme semblait faire partie des priorités du pouvoir, il avait toutefois connu un coup d’arrêt brutal. La dégradation de la situation sécuritaire dans l’est du pays, marquée notamment par la chute de Goma, avait temporairement relégué les velléités de réforme constitutionnelle au second plan, au profit de l’urgence militaire.
C’est le récent changement de climat sur la scène internationale qui semble avoir redonné de l’élan aux partisans du changement. Le succès diplomatique de Kinshasa face à Kigali, obtenu avec le soutien notable des États-Unis, a renforcé la position de la présidence congolaise.
Ce regain de confiance diplomatique a ravivé les appels à une refonte institutionnelle. Dans les cercles du pouvoir, certains officiels plaident désormais ouvertement pour une réforme qui permettrait d’envisager un troisième mandat pour Félix Tshisekedi. En liant directement le scrutin de 2028 à l’adoption d’un nouveau texte, Christophe Mboso N’Kodia confirme que le processus est désormais relancé.
Tenplar Ngwadi
