Le bilan humain est dramatique. Une série de glissements de terrain a frappé la zone minière stratégique de Rubaya, dans l’Est de la République démocratique du Congo, faisant au moins 200 morts. Selon des témoins, un premier versant s’est effondré mercredi 28 janvier 2026, après-midi, suivi d’un second glissement de terrain jeudi 29 janvier 2026 matin, ensevelissant de nombreux mineurs sous les décombres.
« Il a plu, puis il y a eu un glissement de terrain qui a emporté des gens. Certains ont été engloutis, d’autres sont morts dans les puits. Beaucoup sont encore coincés à l’intérieur », a témoigné Franck Bolingo, un mineur présent sur les lieux. Sur place, la désolation règne : vendredi, des dizaines de chiffonniers continuaient de creuser à la pelle sur le vaste site dans l’espoir de retrouver des survivants ou des corps.
Cette tragédie survient dans un contexte sécuritaire et géopolitique particulièrement tendu. La mine de Rubaya, située dans la province du Nord-Kivu, est tombée en avril 2024 sous le contrôle du mouvement rebelle M23, avec le soutien du Rwanda selon plusieurs sources. Ce site est d’une importance capitale : il produit entre 15 et 30 % de l’approvisionnement mondial en coltan, un minerai indispensable à la fabrication des téléphones mobiles et des ordinateurs.
Depuis sa prise de contrôle, le M23 a mis en place une véritable administration parallèle à celle de l’État congolais. Selon des experts des Nations unies, l’organisation rebelle réglemente l’exploitation minière et tire des revenus substantiels de cette activité. On estime que le mouvement perçoit environ 800 000 dollars par mois grâce à une taxe de sept dollars imposée sur chaque kilo de coltan produit et vendu.
Les experts de l’ONU pointent également du doigt la responsabilité du Rwanda, l’accusant d’utiliser la milice pour détourner les richesses minérales de la RDC, bien que Kigali nie tout soutien militaire au M23. Outre le coltan dont l’Est de la RDC détient entre 60 et 80 % des réserves mondiales, la région regorge de vastes gisements d’or et d’étain.
L’instabilité chronique et l’avancée du M23 ont déjà poussé plusieurs sociétés minières internationales à suspendre temporairement leurs activités dans la région.
Tenplar Ngwadi
