La terreur a de nouveau frappé le territoire de Lubero, dans la province du Nord-Kivu. Dans la nuit du vendredi au samedi 7 février 2026, au moins dix-huit civils ont perdu la vie lors d’une attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans le village de Mambimbi/Isigo, situé dans le groupement Bapakombe.
Selon des sources locales et des représentants de la société civile, les assaillants ont opéré selon un mode opératoire brutal. Ils ont d’abord investi les champs des cultivateurs environnants avant de s’en prendre directement aux habitants du village. Les victimes ont été exécutées aussi bien à l’arme blanche qu’à l’arme à feu. Le bilan provisoire, particulièrement lourd, fait état de dix-huit morts, dont deux femmes, et de sept maisons incendiées.
L’inquiétude reste vive dans la région alors que de nombreux civils manquent toujours à l’appel. Les sources locales craignent que ces derniers n’aient été enlevés par les assaillants lors de leur repli. Face à cette menace persistante, les habitants de Mambimbi/Isigo et des localités voisines ont entamé un mouvement de fuite. Jusqu’à ce dimanche 08 février 2026, des vagues de déplacés continuent de quitter leurs foyers pour chercher refuge dans des zones supposées plus sécurisées.
L’administrateur du territoire de Lubero, le colonel Alain Kiwewa, a confirmé l’attaque et assuré que des dispositions avaient été prises pour protéger la population dans cette zone reculée. Toutefois, sur le terrain, l’efficacité de la réponse militaire est remise en question par les forces vives locales.
Dans le secteur de Bapere, le mécontentement gronde contre le dispositif sécuritaire. Des acteurs de la société civile pointent du doigt le faible effectif des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) déployé dans cette zone. Cette présence jugée insuffisante permettrait, selon eux, aux ADF d’opérer sans rencontrer de résistance majeure.
Pour l’heure, le commandement militaire reste discret sur cet incident. Sollicité par Radio Okapi, le porte-parole des opérations Sokola 1 Grand Nord n’a pas encore souhaité réagir officiellement à ce massacre.
Tenplar Ngwadi
