Le rendez-vous était attendu. Ce dimanche 15 février 2026, en Éthiopie, le président congolais Félix-Antoine Tshisekedi et son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa se sont retrouvés pour une séance de travail bilatérale.
Au menu des discussions : la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, le désengagement progressif des troupes sud-africaines de la Monusco et l’émergence d’une ambition africaine commune sur les ressources minières.
Cet entretien intervient dans un contexte de tension accrue. Cyril Ramaphosa a réitéré la position de Pretoria, déjà exprimée lors du récent sommet du G20 en Afrique du Sud, condamnant fermement la dégradation de la situation humanitaire et sécuritaire.
« L’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC doivent être maintenues et respectées. Nous condamnons la poursuite de la conquête des territoires par l’AFC/M23 dans les provinces du Kivu », a martelé le chef de l’État sud-africain. Pour Ramaphosa, ces « actions illégales » doivent être corrigées de manière décisive, tout en insistant sur le respect des engagements pris par toutes les parties prenantes.

L’un des points techniques majeurs de la rencontre a concerné le volet militaire. Le président sud-africain a détaillé les raisons du retrait progressif du contingent de son pays engagé au sein de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (Monusco). Ce mouvement s’inscrit dans le cadre du plan de désengagement global de la force onusienne, bien que Pretoria maintienne son soutien aux efforts de paix par d’autres canaux diplomatiques et régionaux.
Au-delà de la sécurité, les deux chefs d’État ont jeté les bases d’une alliance économique stratégique. Ils ont convenu de la nécessité de développer une position africaine commune sur les minéraux critiques.
L’objectif affiché par Kinshasa est de rompre avec le modèle historique de l’extraction brute. La vision commune se décline en cinq piliers :
- Promotion de la transformation locale ;
- Garantie de la traçabilité des minerais ;
- Développement de chaînes de valeur régionales ;
- Bâtiment de partenariats équilibrés ;
- Partage équitable des bénéfices.
En réaffirmant leur engagement en faveur du multilatéralisme et des priorités de l’Agenda 2063, Félix Tshisekedi et Cyril Ramaphosa entendent faire de la coopération entre la RDC et l’Afrique du Sud un moteur de stabilité et de développement pour l’ensemble du continent.
Tenplar Ngwadi
