C’est un satisfecit rare pour une enquête officielle. Les organisations de la société civile (OSC) ont rendu publique une note d’analyse experte dans laquelle elles saluent le travail « multidisciplinaire de haut niveau » mené par la Commission interministérielle spéciale d’enquête.
Ce rapport, fruit d’une collaboration entre experts universitaires, services techniques de l’État et spécialistes indépendants, lève le voile sur l’ampleur de la pollution causée par l’entreprise CDM à Lubumbashi.
Une enquête structurée et scientifique
Pour faire la lumière sur cet incident, la Commission s’est appuyée sur une méthodologie rigoureuse. Organisée en sous-commissions thématiques, elle a balayé l’ensemble du dossier : des causes techniques aux impacts environnementaux, en passant par les effets sanitaires, sociaux et le cadre juridique.

Les investigations n’ont rien laissé au hasard, mobilisant des analyses de la qualité des eaux et des sols, des données satellitaires, ainsi que des enquêtes de terrain réalisées directement auprès des ménages affectés.
Une facture de 13 millions de dollars
Sur le plan financier, les conclusions de la Commission sont lourdes pour l’opérateur minier. Le rapport propose une indemnisation globale de 6 682 067 USD, répartie entre compensations individuelles et réparation collective. À cette enveloppe s’ajoutent des pénalités pécuniaires estimées à 6 628 910 USD.

Toutefois, pour la société civile et les enquêteurs, la réparation ne saurait être uniquement monétaire. Le rapport impose à CDM des obligations strictes : élaboration de plans d’urgence, programme de dépollution et de réhabilitation des sols, installation de puits de surveillance et de stations de mesure de la qualité de l’air, ainsi que des travaux de drainage et de traitement des effluents.
Ces recommandations s’appuient sur le Règlement minier, la loi-cadre sur l’environnement et la loi relative à l’eau, consacrant ainsi le principe du « pollueur-payeur ».
Un suivi sanitaire et institutionnel
L’autre pilier de ce rapport concerne la santé publique. Face aux risques d’impacts sanitaires différés, la Commission recommande une prise en charge des victimes potentielles sur une période d’au moins cinq ans, via un mécanisme indépendant. Une partie de la réparation collective devrait également être orientée vers la construction d’infrastructures sanitaires pour les communautés locales.
En conclusion de leur note, les OSC plaident pour l’institutionnalisation d’un mécanisme permanent de suivi et de contrôle des incidents miniers. Pour ces organisations, l’enjeu est clair : garantir une réparation équitable et durable tout en renforçant la gouvernance environnementale dans le contexte minier sensible du Haut-Katanga.
Tenplar Ngwadi
