À Selembao, l’insécurité ne vient plus seulement des « kuluna », mais aussi, selon les témoignages, de ceux censés protéger les citoyens. Depuis plusieurs mois, la population de cette commune kinoise dénonce avec force les agissements de certains agents de la Police Nationale Congolaise (PNC), accusés de multiplier les abus de pouvoir et les intimidations nocturnes à l’encontre de la jeunesse locale.
Le mardi 17 mars, aux alentours de 19h30, le climat de tension est monté d’un cran. Selon des constats effectués sur le terrain par un reporter de MediaCongo Press (MCP), plusieurs jeunes garçons ont été interpellés dans des conditions jugées illégales. Des témoins rapportent une scène particulièrement préoccupante : un groupe de policiers, en provenance de l’avenue Ngufu, a procédé à des arrestations sans motif apparent. Plus troublant encore, l’un des agents était muni d’une machette, utilisée pour terroriser les interpellés.
Le spectre du « Ujana »
Ces pratiques, loin d’être isolées, rappellent le phénomène communément appelé « Ujana » : des vagues d’interpellations abusives dont l’objectif réel serait purement lucratif. « Nos enfants sont à la merci de ces policiers inciviques, qui se font de l’argent en procédant à des arrestations arbitraires. Nous sommes souvent contraints de payer pour obtenir leur libération », s’indigne une habitante de Selembao.
Au-delà du préjudice financier, c’est le sentiment d’injustice qui grandit. Une ancienne victime de ces dérives, interrogée par MCP, évoque l’existence d’un véritable « réseau d’hommes en uniforme » qui ternit durablement l’image de la marque PNC.
Un appel à l’ordre au sommet de la police
Face à ce qu’ils qualifient de « racket organisé », les résidents de Selembao exhortent les autorités à agir avant que la situation ne dégénère. Un appel direct a été lancé au commissaire divisionnaire Israël Kantu pour qu’une enquête approfondie soit diligentée. L’objectif : identifier les responsables de ces tracasseries et démanteler ces réseaux d’extorsion.
L’enjeu est de taille : restaurer la confiance entre la police et les administrés. Car, dans les rues de Selembao, l’avertissement est clair : si rien n’est fait pour mettre fin à ces abus, la population, à bout de nerfs, menace de se faire justice elle-même.
La Gazette du Continent
